Alouettes : un peu de passion s’il vous plaît
J’étais à Toronto le week-end dernier dans le cadre des festivités de la 100e Coupe Grey.
Après trois jours à participer à la grande fête du football canadien, je me posais une question : où étaient donc les partisans des Alouettes?
Même si cette finale de la LCF mettait aux prises deux formations autres que Montréal, on n’avait pas besoin de chercher bien loin pour apercevoir les supporters de Winnipeg, de la Saskatchewan ou d’Edmonton : une mer de gens déguisés qui affichaient fièrement les couleurs de leur équipe. Ici et là, un rare chandail rouge et bleu nous rappelait que les Oiseaux faisaient bien partie de cette ligue.
Loin de moi l’idée de donner trop d’importance à une simple observation personnelle, mais elle m’a amené à m’interroger sur la base des partisans de football canadien dans la métropole québécoise.
Où étaient les passionnés? Les adeptes, les vrais?
Oui, on a bien aperçu quelques incorruptibles amoureux des Alouettes. Trop peu.
Comment expliquer que des fans d’Edmonton devant se taper un voyage en avion et dont l’équipe a connu une campagne 2012 plutôt ordinaire dépassent très largement en nombre ceux de Montréal, qui comptent sur une formation compétitive depuis plus de 10 ans et qui se trouvent à cinq heures et demie de route? Quelque chose cloche.
Voilà le défi des Alouettes au cours des prochaines années : susciter autre chose qu’un simple intérêt, susciter de la passion. Si l’organisation souhaite obtenir du succès à long terme, elle doit trouver le moyen de transformer les «fans occasionnels» en «partisans invétérés» : les détenteurs de billets de saison, des amateurs qui lisent tous les articles sur l’équipe, des collectionneurs de produits dérivés, des gens qui organisent un voyage à la Coupe Grey dans l’espoir d’y voir leur club.
La bonne nouvelle? Déjà cette année, on a vu les Alouettes adopter plusieurs mesures pour pallier ce manque : présence accrue sur les médias sociaux, création d’un fan-club, etc. Toutefois, force est d’admettre qu’il reste encore beaucoup de travail à faire.