CH 1 – Leafs 2: manque flagrant de synchronisme
Le jeu décousu risque d’être un sujet souvent abordé durant cette saison écourtée par le lock-out.
Les joueurs ont eu droit à un camp d’entraînement extrêmement court, ce qui donne peu de temps pour développer des automatismes entre coéquipiers. Quelques joueurs ont eu la chance de se délier les jambes en Europe, mais bon nombre d’entre eux ont patiemment attendu la fin du conflit de travail à la maison, s’entraînant sur les glaces les plus près de chez eux.
Et il ne faut pas croire que les choses s’amélioreront grandement durant la saison. Au rythme où les équipes devront disputer leurs matchs, les entraînements risquent d’être brefs et moins nombreux que dans les saisons «normales».
Ce long préambule nous amène à la soirée de samedi, le match d’ouverture du Canadien. Pour l’occasion, les Montréalais accueillaient leurs grands rivaux de Toronto, les Maple Leafs.
Et disons que les deux équipes n’ont pas offert un grand spectacle. Les Leafs repartent peut-être avec une victoire de 2-1, mais ils n’ont guère mieux joué que les locaux. L’effort était là de part et d’autre, mais l’exécution n’était pas au rendez-vous. «C’était pas le meilleur hockey», a reconnu Carey Price dans le vestiaire après la partie.
«Il y avait beaucoup de passes dans les patins, mais on s’attendait un peu à ça, a ajouté Francis Bouillon, qui a reçu une belle ovation de la part des partisans avant la rencontre. C’était mieux en troisième période. Ça commençait à ressembler à du hockey de la ligue nationale.»
Même quand une des deux formations obtenait un avantage numérique, elle avait de la difficulté à s’installer en zone adverse et de se montrer réellement menaçante. Malgré cela, les Ontariens sont tout de même parvenus à s’imposer grâce à leur jeu de puissance.
Ils ont d’abord pris les devants en première période pendant qu’Erik Cole était au cachot. Price a été pris hors de position sur le jeu, lui qui croyait que la passe de Phil Kessel allait se rendre de l’autre côté de la glace. Nazem Kadri a plutôt intercepté la rondelle dans l’enclave et a aisément marqué.
En deuxième période, ce fut au tour de Tyler Bozak de profiter de l’indiscipline de ses hôtes – Tomas Plekanec venait d’être pénalisé pour conduite anti-sportive après avoir envoyé de la neige au visage du gardien Ben Scrivens en freinant – pour inscrire son premier but de la saison. Il a récupéré un long rebond accordé par Price pour ensuite faire mouche.
Le gardien du CH a d’ailleurs eu quelques problèmes à maîtriser ses retours durant la partie, ce qui a donné quelques chances de marquer supplémentaires aux Leafs.
Le Canadien, pour sa part, a eu son lot de d’occasions avec l’avantage d’un homme et a finalement su en profiter en fin de troisième période. Brian Gionta, qui n’avait pas joué depuis un an à cause de sa blessure au biceps, a enfilé l’aiguille durant une mêlée devant le filet torontois.
Le résultat du match aurait pu être très différent si le but de Brandon Prust, dans les premiers instants de la partie, avait été bon. Le nouveau venu à Montréal a poussé un retour derrière Scrivens, mais Ryan White faisait clairement de l’obstruction à l’endroit du gardien.
Alex Galchenyuk n’a pas fait beaucoup de vague au cours du premier match professionnel de sa jeune carrière. Le plus important cependant, il n’a pas semblé perdu aux côtés de Tomas Plekanec et Gionta. Il a joué un peu plus de 13 minutes durant la partie. Il a même eu la chance de sauter sur la glace en avantage numérique. Il a dirigé trois tirs vers le filet adverse, dont un qui a été bloqué.
Comme d’habitude, les meilleurs moments offensifs du Tricolore sont survenus quand Erik Cole, Max Pacioretty et David Desharnais étaient en action. Le trio a connu ses meilleurs moments au dernier vingt, embouteillant souvent les Leafs dans leur zone. Desharnais est aussi passé bien près de marquer en deuxième période quand il a fait dévier un tir sur le poteau à la gauche de Scrivens.
Sans P.K.
La soirée était presque parfaite au Centre Bell samedi soir. De toute évidence, les partisans avaient déjà oublié les mois de lock-out et étaient prêts à applaudir leur équipe. Cependant, il manquait un de leurs favoris quand les joueurs ont été présentés tour à tour au centre de la glace en tenant la fameux flambeau : P.K. Subban. Le défenseur étoile n’a toujours pas de contrat et la situation ne semble pas près de se régler. L’agent de Subban, Don Meehan, avoue que les négociations sont difficiles. Le problème est simple. Subban veut une entente à long terme, ce que le Canadien est réticent à offrir.