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Le ski acro: une force pour le Canada

Donna Spencer - La Presse Canadienne

CALGARY – Les succès du Canada aux Jeux olympiques passeront par ceux des skieurs adeptes du Rudy, du Randy, du Birani et du Daffy.

Il sera utile pour les Canadiens d’apprendre le vocabulaire propre au ski acrobatique en vue des prochains Jeux d’hiver, qui seront présentés à Sotchi, en Russie.

Les Canadiens qui exécuteront ces manoeuvres devraient mettre la main sur plusieurs médailles alors que l’équipe de ski acrobatique est devenue la meilleure au monde depuis les Jeux de Vancouver, en 2010.

Aux derniers Championnats du monde, en 2011, les Canadiens ont remporté huit des 12 médailles d’or à l’enjeu et 16 des 36 médailles en tout. Ils devraient de nouveau être en position de commande aux Mondiaux de Voss, en Norvège, dans un mois.

Les Canadiens ont remporté huit médailles olympiques en bosses et en sauts depuis que ces disciplines ont été admises aux JO, en 1992 et 1994, respectivement.

Le ski cross a fait son entrée aux Jeux de Vancouver, où Ahsley McIvor a remporté l’or pour le Canada. Le champion du monde en titre, le Montréalais Chris Del Bosco, et Kelsey Serwa, de Kelowna, en Colombie-Britannique, ont terminé au pied du podium, en quatrième et cinquième places.

Les additions du slopestyle et de la demi-lune en 2014 devraient grandement aider l’équipe canadienne, qui tentera de terminer au sommet du classement des médailles en Russie. Les Canadiens montrent déjà un fort potentiel dans ces disciplines.

«L’addition de ces nouvelles disciplines représente une belle occasion pour le Canada, a déclaré Anne Merklinger, présidente et chef de la direction de À Nous le podium. Le ski acrobatique a amorcé l’olympiade en force et les Championnats du monde de cette année seront très importants. Jusqu’ici, tout va très bien.»

Sarah Burke, décédée à la suite d’une chute à l’entraînement en janvier 2011, a pendant longtemps fait des représentations afin que la demi-lune soit présente aux Jeux. Elle était la favorite pour remporter l’épreuve de Sotchi. Sa coéquipière, Rosalind Groenwould, représente un bel espoir de médaille en tant que championne du monde et des X Games en titre.

Mike Riddle tentera quant à lui de défendre son titre de champion du monde à Voss.

La Montréalaise Kaya Turski a terminé deuxième du slopestyle aux derniers X Games, alors qu’elle tentait de remporter l’or pour une quatrième année consécutive. Elle a aussi remporté la médaille d’argent aux Mondiaux, il y a deux ans.

Champion olympique en titre en bosses, Alexandre Bilodeau et le meneur au classement de la Coupe du monde, Mikaël Kingsbury, représentent évidemment de beaux espoirs de médailles. Chez les dames, Justine Dufour-Lapointe aussi. En sauts, le gagnant du globe de cristal l’an dernier, Olivier Rochon, pourrait aussi ajouter à la récolte canadienne.

La popularité du ski acrobatique ne cesse de croître. Selon l’Association canadienne de ski acrobatique, le nombre de membres a augmenté de 22 pour cent depuis les Jeux de Vancouver pour atteindre 3670 athlètes. L’équipe nationale se trouve dans une position très enviable, alors qu’elle dispose de suffisamment de profondeur pour pouvoir espérer une bonne récolte, même si l’un des favoris devait connaître des ennuis.

La soeur de Justine Dufour-Lapointe, Chloé, a terminé cinquième à Vancouver et représente toujours un espoir de médaille. Idem pour Marielle Thompson, championne de la Coupe du monde l’an dernier, pendant que Serwa se remettait d’une opération au genou.

Mais rien ne se compare à la profondeur sur laquelle peut compter l’équipe masculine de bosses. Cinq de ses athlètes ont terminé dans le top-10 du classement de la Coupe du monde l’an dernier, alors que Bilodeau profitait d’une année sabbatique. Avec Bilodeau et Kingsbury, une autre médaille en bosses est presque acquise.

Les skieurs acrobatiques pourraient bien devancer les patineurs de vitesse à titre de meneurs au chapitre des médailles.

«Je crois que nous avons été en mesure de maintenir une grande force», a indiqué le président et chef de la direction de l’ACSA, Peter Judge.

Un élément pourrait grandement nuire à la récolte de médailles des skieurs acrobatiques: le quota imposé par le Comité international olympique et la Fédération internationale de ski.

En 2010, le Canada ne pouvait pas compter sur plus de 18 athlètes, hommes ou femmes, en bosses, sauts, et ski cross. En 2014, le Canada pourra compter sur 26 athlètes, mais pour cinq disciplines, dont une limite de quatre hommes en bosses.

«C’est une version très dangereuse de la chaise musicale, a noté Judge. On pourrait bien devoir laisser à la maison de beaux espoirs de médailles en raison de ce système de quotas.

«Nous sommes pénalisés parce que nous sommes une puissance mondiale et que nos forces sont équilibrées. Selon ce système, nous ne pouvons pas compter sur plus de 14 athlètes du même sexe sur 26. Pour une grosse équipe, ça vous force à envoyer un nombre presque égal d’hommes et de femmes. Pour une équipe plus petite, ça veut dire qu’il pourrait y avoir 14 athlètes du même sexe et aucun de l’autre.

«Ce système est dépassé et il doit être revu de fond en comble.»

Les bagarres que devront se livrer des athlètes d’une même discipline risquent d’être déchirantes.

«Il y a quelques années, il n’y avait que les bosses et les sauts, a expliqué Bilodeau. Maintenant, il y a beaucoup de disciplines.

«À mon avis, c’est néfaste pour les athlètes, mais c’est bon pour le Canada, car nous sommes tellement fort dans chaque discipline. Ce devraient être de bons Jeux pour nous.»

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