La fédération de soccer confirme l’interdiction du turban
Les responsables du soccer au Québec ont réaffirmé leur volonté d’interdire le port du turban lors des matches officiels. Une décision dénoncée par les représentants des Sikhs du Canada.
La Fédération de soccer du Québec (FSQ) reste campée sur ses positions. En réaffirmant son refus d’autoriser les joueurs sikhs de porter les traditionnels turbans, patkas ou keski durant les matches de soccer, Brigitte Frot la directrice générale de la FSQ rappelle qu’elle ne fait qu’appliquer à la lettre les directives de la FIFA (Fédération internationale de soccer), son autorité de tutelle.
«Seule la Fédération internationale a le pouvoir de changer les lois du jeu du soccer», a rappelé lundi la directrice de la FSQ au cours d’un point presse téléphonique. Une façon également de «tacler» l’Association canadienne de soccer (ACS) auteur, il y a quelques semaines, d’une directive en faveur du turban.
Avec ce refus validé samedi par le vote des 21 membres du conseil d’administration de la FSQ, le Québec demeure la seule province du Canada à pouvoir exclure un joueur lors d’une rencontre officielle si jamais il arbore sur la tête une des trois pièces de tissu en plus de son maillot et de ses crampons. «C’est davantage de la prudence que de l’intolérance», s’est encore défendue Brigitte Frot mettant en avant l’argument de la sécurité de l’équipement.
«Aucune étude n’a été menée pour connaître les conséquences du port du turban pour la sécurité des joueurs sur un terrain de soccer. Et la FSQ ne dispose pas des moyens financiers pour le faire. Quand ce travail sera exécuté on se pliera aux exigences de la FIFA, tout comme on a autorisé le port du hijab à titre expérimental il y a quelques mois quand la Fédération internationale nous l’a demandé», poursuit Mme Frot.
Une situation qui ne satisfait pas les responsables de l’Organisation mondiale sikh du Canada, qui envisagent toujours une action en justice pour «violation des droits à la personne», s’estimant victimes de discrimination. «Nous sommes tristes de cette décision, aujourd’hui près de 200 enfants au Québec ne peuvent jouer au soccer car on refuse qu’ils portent un turban. C’est vraiment une triste décision!», regrette Balpreet Singh, porte-parole du World Sikh Organization of Canada.
Et le règlement sera respecté à la lettre: la FSQ a déjà prévenu qu’elle veillerait à que les arbitres appliquent le texte sous peine d’être sanctionnés par le comité provincial d’arbitrage.