Bilodeau veut prouver qu’il est encore le meilleur
MONTRÉAL – Alexandre Bilodeau ne vit pas dans le passé. Il a beau avoir marqué l’histoire à Vancouver en devenant le premier Canadien à gagner une médaille d’or lors de Jeux olympiques présentés en sol canadien, il ne se présentera pas sur les pistes de Rosa Khutor, en Russie, avec le sentiment d’avoir à défendre un titre.
Le bosseur de Rosemère aura surtout à coeur de prouver qu’il est encore le meilleur de sa discipline.
«Je ne mets pas ma médaille sur la table comme on le fait à la boxe, illustre-t-il. Ma médaille d’or de Vancouver est dans un tiroir à la maison. J’ai tourné la page depuis.
«Chaque jour que je suis sur la piste, mon objectif est d’être le meilleur skieur au monde. Je vais à Sotchi pour remporter une autre médaille, qui est tout à fait distincte. Et je sais que ça va me demander autant, sinon plus de travail.»
Et il s’est déjà mis sérieusement au boulot puisqu’il est monté sur le podium des six épreuves de Coupe du monde disputées cette saison. Il a gagné les trois dernières, ce qui lui confère le statut de leader du circuit.
Ce retour au sommet conforte l’athlète de 26 ans dans la décision qu’il a prise de faire l’impasse sur la saison de Coupe du monde en 2011-12 afin de prendre soin de sa santé et de se consacrer à ses études universitaires en comptabilité. En son absence, on a assisté à l’émergence de son jeune coéquipier Mikaël Kingsbury, qui est désormais son principal rival.
À son retour à la compétition, Bilodeau a réalisé que le niveau s’était élevé et il lui a fallu un certain temps pour retrouver ses repères.
«Cette pause a été extrêmement positive car, depuis quelques années, je finissais mes saisons avec des blessures, se rappelle-t-il. Rien de grave, mais je voulais m’assurer d’être en santé en vue des Jeux olympiques de 2014.
«J’ai eu besoin d’une petite adaptation à mon retour. Il m’a fallu retrouver confiance en mon ski. Mais à partir des championnats du monde l’an dernier, je peux dire que c’est chose faite», a-t-il dit en faisant allusion à la compétition où il a terminé deuxième des bosses en simple et a remporté l’épreuve des bosses en parallèle.
Bilodeau s’estime aujourd’hui un meilleur skieur qu’il ne l’était avant sa saison de repos.
«Avec le recul, je peux dire que c’est mission accomplie. J’ai atteint l’objectif que je m’étais alors fixé.»
Apprentissage
Bilodeau vivra à Sotchi sa troisième aventure olympique. En 2006, il s’était assuré son billet pour les Jeux de Turin en remportant la Coupe du monde disputée au Mont Gabriel à quelques semaines de l’événement. Il s’était finalement classé 11e après avoir commis une erreur à l’atterrissage de son deuxième saut.
Si chaque expérience olympique est unique, chacune permet d’en apprendre un peu plus sur soi.
«Les Olympiques où j’ai le plus appris à ce jour, ce sont ceux de 2006. On apprend de chaque expérience mais c’est encore plus vrai dans la défaite, dans la déception.
«Turin demeure pour moi une expérience exceptionnelle que je vais conserver avec moi. Et que j’entends jumeler à celle de Vancouver pour aborder les Jeux de 2014.»
À Sotchi, Bilodeau est conscient qu’il n’aura pas seulement à relever le défi de surpasser ses rivaux, mais il lui faudra également composer avec la météo imprévisible de la région.
«L’emplacement est exceptionnel et la piste est super belle. Mais les conditions météorologiques peuvent compliquer les choses. On peut soit avoir des conditions exceptionnelles avec beaucoup de neige comme il y a trois ans, quand nous y sommes allés. Ou bien comme l’an dernier avec de la pluie et 16 degrés le jour de la course. Ça complique énormément les choses. Le mot d’ordre est d’être prêt à tout.»
Et Bilodeau s’est préparé en conséquence. L’été dernier, il s’est rendu à plusieurs endroits pour skier dans toutes sortes de conditions et il a diversifié son entraînement.
S’il a été le premier médaillé d’or du Canada aux Jeux de Vancouver il y a quatre ans, il ne voit aucune objection à céder cet honneur cette fois.
«Je ne m’attendais pas à être le premier athlète canadien à remporter une médaille d’or en 2010. Il y en avait plusieurs autres avant moi qui auraient pu y arriver.»
Il s’attend d’ailleurs à de beaux succès de la part de l’équipe canadienne à Sotchi.
«Nous avons eu énormément de quatrième et cinquième places à Vancouver. Si on peut les convertir en médailles à Sotchi… Nous avons un énorme potentiel.»
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