Le Canada prévoit miser sur plus de boxeurs à Rio
MONTRÉAL – Il n’y a pas eu de vainqueurs surprises aux qualifications olympiques canadiennes de boxe — pas même celle de la jeune vedette montante de 17 ans Thomas Blumenfeld — et le directeur national de la haute performance Daniel Trépanier ne s’en plaint pas.
«Tous les champions nationaux ici cette semaine ont été en mesure d’assurer leur place et nous pouvons nous rendre en Argentine pour les championnats continentaux avec une équipe très expérimentée, a déclaré Trépanier à l’issue des qualifications canadiennes. Nous avons vraiment un bon potentiel.»
Cela n’avait pas été le cas depuis un certain temps. Le Canada n’a pas remporté de médaille olympique en boxe depuis celle d’argent de David Defiagbon en 1996 à Atlanta.
L’âge d’or des années 1980, lorsque Lennox Lewis a remporté l’or à Séoul en 1988, est révolu depuis longtemps.
Seulement trois Canadiens se sont qualifiés pour les derniers Jeux olympiques de Londres en 2012 et si Custio Clayton, de Dartmouth, en Nouvelle-Écosse, est venu à un point du podium, personne n’a remporté de médaille. En 2008, le Canada avait qualifié un seul boxeur et il a perdu dès son premier combat.
Trépanier croit que cinq ou six Canadiens se qualifieront cette fois. Il estime qu’il y a un potentiel de médailles dans les trois catégories de poids chez les dames et au moins une chance chez deux ou trois chez les hommes, dont le super-léger Arthur Biyarslanov, médaillé d’or aux Jeux panaméricains à Toronto cet d’été.
Samir El Mais, de Calgary, un poids lourd de 35 ans, semble avoir une bonne chance de se qualifier pour les Jeux olympiques, et il ne faut pas écarter Blumenfeld, un impressionnant poids mouche originaire de Montréal qui a choisi de représenter le Canada même s’il possède la double nationalité et s’entraîne la plupart du temps aux États-Unis.
Mais le plus difficile est à venir.
Les qualifications ont permis de former une équipe de 10 hommes et trois femmes, soit pour chaque catégorie olympique, mais chacun doit se qualifier individuellement en vue des Jeux de Rio de Janeiro. La première opportunité est un tournoi pour l’Amérique du Nord et du Sud en mars en Argentine.
En tant que pays hôte, le Brésil obtient six places de son choix. Dans ces catégories, seuls les deux premiers sont qualifiés pour les Jeux olympiques. Dans les autres, trois places sont disponibles. On en saura plus sur les catégories concernées au moment du tournoi.
«C’est maintenant tellement difficile d’obtenr son billet pour les Jeux olympiques, a reconnu Trépanier. Il faut que les astres soient bien alignés.
«Vous devez avoir un tournoi parfait. C’est tellement compétitif quand vous vous présentez à ces tournois. Il n’y a pas beaucoup de place à l’erreur.»
Dans le camp féminin, la poids plume Mandy Bujold, de Kitchener, est classée deuxième au monde. La poids moyen Ariane Fortin, de St-Rédempteur, occupe le troisième rang, tandis que la Montréalaise Caroline Veyre (poids léger) est championne des Jeux panaméricains.
La boxe féminine a fait ses débuts aux Jeux olympiques de 2012 dans trois divisions. Il est prévu de l’augmenter à cinq pour les Jeux de 2020.
Biyarslanov — surnommé le «loup de Tchétchénie» — s’est installé au Canada il y a 10 ans. Il a retenu l’attention à la suite d’une courageuse victoire contre le Cubain Yasnier Toledo en finale des Jeux panaméricains.
«Ça m’a procuré une grande motivation», a reconnu le boxeur torontois.
Blumenfeld a pour sa part choisi de compétitionner pour le Canada il y a deux ans. Il vivait et s’entraînait à plusieurs endroits, surtout à Albany, dans l’État de New York, et il s’entraîne désormais à Boston sur la direction de Hector Bermudez, qui a guidé Javier Fortuna au championnat WBA des poids plume.
La mère de Blumenfeld est canadienne et il demeure parfois avec ses parents à Magog.
«Je choisis le Canada, a révélé Blumenfeld, qui aura 18 ans le 26 décembre. J’aime les entraîneurs et la façon dont ils me traîtent.
«Et aux États-Unis, il y a beaucoup de politique pour obtenir sa place. Ils ont leurs favoris.»
La dernière occasion pour les hommes de se qualifier est prévu au mois de juin en Azerbaijan. Un tournoi féminin est planifié en mai au Kazakhstan.