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Le Canadien à la croisée des chemins

Le Canadien de Montréal s’approche dangereusement du point de non-retour. Son excellent début de saison est oublié depuis longtemps.

Même s’il s’est amélioré dans plusieurs catégories statistiques significatives cette année, le Tricolore a connu une grave baisse de régime au cours de ses 10 derniers matchs. Les joueurs manquent de créativité et d’initiative dans leur jeu de transition et lors de leurs présences en zone offensive.

Cela n’est pas si étonnant. Quand un entraîneur commence à être sous pression, et que les défaites s’accumulent, il a tendance à s’appuyer sur les stratégies les moins risquées, un retour à la base en quelque sorte.

Malheureusement, ce genre d’attitude porte rarement fruit et mène généralement à encore plus de défaites et à un possible congédiement.

Les équipes adverses s’adaptent facilement au système montréalais, qui consiste à dégager la rondelle à l’aveuglette en zone défensive pour ensuite s’engager dans une bataille en zone neutre pour la récupérer. Cela fut un problème flagrant du système pendant de nombreuses années; une approche conservatrice qui sacrifie l’imagination par peur des erreurs. Une technique frustrante, surtout que le Tricolore compte sur plusieurs défenseurs mobiles.

Les effets de cette approche conservatrice commencent à se faire sentir dans les statistiques.

À ses 10 dernières sorties, le Canadien à contrôlé seulement 49 % des tirs, 47,2 % des chances de marquer et 40,6 % des buts à forces égales. Une vraie dégringolade et un net ralentissement par rapport au reste de la saison. L’équipe de Michel Therrien est en voie d’obtenir sa pire récolte de points depuis que l’entraîneur est revenu derrière le banc.

Marc Bergevin doit se demander : «Ai-je donné un alignement assez talentueux à mon entraîneur?» Si la réponse est oui, le directeur général doit se demander si son entraîneur est en train d’aider l’équipe ou de lui nuire. Le CH ne peut pas se permettre de perdre une saison, pas dans les meilleures années d’un grand nombre de ses meilleurs joueurs.
Les Penguins de Pittsburgh étaient dans une situation similaire en 2009. Leur décision de congédier Therrien les a conduits à la conquête de la Coupe Stanley.

Il est vrai que le Canadien est privé des services de Carey Price, mais ne venez pas me dire que l’équipe n’a pas assez de talent pour faire mieux que 13 victoires en 31 matchs pendant son absence. C’est simplement inacceptable.

Le statu quo n’est probablement plus une option satisfaisante. Le temps ne s’arrête pour personne, et la fenêtre du Canadien pour remporter la Coupe se refermera beaucoup plus vite qu’elle ne s’est ouverte.

Le dilemme de Bergevin

Marc Bergevin doit s’assurer qu’il agit dans l’intérêt du club.

Le directeur général du Canadien doit améliorer son équipe sans hypothéquer son avenir. Une tâche quasi impossible dans la LNH.

Il doit surtout décider si Michel Therrien peut mener cette équipe à la terre promise. Une décision qui sera liée pour toujours à son héritage en tant que gestionnaire du Tricolore. S’il considère que la patience est de mise, il devra vivre avec les conséquences de cette décision majeure.

Bref, il est dans une position peu enviable, et il n’y a pas de solution simple.
En réalité, la responsabilité des déboires du Canadien est partagée. Les entraîneurs, la direction et les joueurs doivent tous améliorer leur rendement et remettre le compteur à zéro.

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