Soutenez

Plusieurs jeunes Canadiens sont prêts à éclore aux Internationaux d’Australie

Par Justin Bergman - The Associated Press

MELBOURNE, Australie — Félix Auger-Aliassime a appris à jouer au tennis de son père, un entraîneur qui a émigré du Togo vers le Québec. Mais c’est en regardant l’épique finale de Wimbledon entre Roger Federer et Rafael Nadal en 2008 qu’il est devenu amoureux du sport.

“Je me suis dit que c’était exactement ce que je voulais faire, que c’était là où je voulais être, a déclaré celui qui à grandi à Québec. Ça m’a beaucoup inspiré.”

Auger-Aliassime en a fait du chemin depuis. Maintenant âgé de 15 ans, il dispute aux Internationaux d’Australie juniors son premier tournoi du Grand Chelem, dont il est la quatrième tête de série.

Il s’agit d’un grand moment pour lui et pour le Canada. Le pays, véritable pépinière de tennis, compte plusieurs joueuses prometteuses chez les demoiselles. Il s’agit d’un résultat direct de la nouvelle stratégie adoptée par Tennis Canada, qui développe tout ce talent dans un réseau de centres nationaux implantés partout au pays grâce à une augmentation de ses investissements et par l’embauche d’entraîneurs d’élite.

Huit ans après l’ouverture du premier (et toujours le plus important) centre d’entraînement à Montréal, le programme commence à rappoprter des dividendes. Non seulement Milos Raonic et Eugenie Bouchard sont-ils bien implantés au niveau professionnel, le Canada compte aussi sur plusieurs espoirs qui gravissent rapidement les échelons.

Deux Canadiennes sont parmi les 10 premières au monde junior: Bianca Andreescu, qui à 15 ans est la favorite chez les filles à Melbourne, ainsi que Charlotte Robillard-Millette, classée troisième tête de série à 17 ans, mais qui s’est inclinée au premier tour.

L’an dernier, Auger-Aliassime est devenu le plus jeune joueur à remporter un match dans un tournoi Challenger ainsi que le premier joueur né dans ce millénaire à obtenir un classement de l’ATP. Il occupe le 737e rang mondial.

“Nous étions reconnus pour accueillir de grands tournois, a déclaré Sylvain Bruneau, capitaine de la Coupe Fed. Mais nous ne faisions pas bien au niveau élite, que ce soit en tournois du Grand Chelem, en Coupe Davis ou en Coupe Fed. Alors nous voulions vraiment changer cette perception et mettre une bonne structure en place. Nous avons changé de philosophie sur la façon de s’y prendre.”

Auger-Aliassime est l’un des produits de ce nouveau système.

Autrefois entraîné par son père, Max, il travaille maintenant à temps plein avec Guillaume Marx, qui était entraîneur à la Fédération française de tennis sous Louis Borfiga, l’homme derrière les succès de Jo-Wilfried Tsonga et Gaël Monfils et qui est maintenant vice-président au développement de l’élite pour Tennis Canada.

Auger-Aliassime a pour idole Tsonga, dont il a un peu calqué le style. Il a un coup droit puissant et un service canon, qui a atteint près de 180 km/h — du moins, sur son service le plus rapide aux Internationaux d’Asutralie, la première fois où il a pu le chronométrer.

“C’est un joueur très intense et complet. Il n’a pas beaucoup de faiblesses, a dit Marx de son protégé, qui disputera les quarts de finale, mercredi. Son attitude, son physique et sa technique me rappellent parfois Tsonga, a-t-il ajouté. Mais son jeu et son attitude me font aussi penser à (Andre) Agassi. Il aime attaquer la balle tôt dans le rebond et il amorce sa carrière avec un puissant revers.”

Chez les filles, autant Andreescu que Robillard-Millette démontrent de belles promesses.

Andreescu, native de la Roumanie, a été acceptée au Centre national d’entraînement de Toronto alors qu’elle avait 10 ans. Elle s’entraîne maintenant avec Nathalie Tauziat, qui a atteint la finale de Wimbledon en 1998. Bien qu’elle admire Bouchard, sa joueuse favorite est une autre Roumaine, Simona Halep, qu’elle a rencontrée à Wimbledon l’an dernier.

“Je trouve que nous avons des styles similaires, alors j’épie beaucoup ce qu’elle fait”, a-t-elle admis.

Robillard-Millette s’entraîne quant à elle à Montréal, sous la gouverne de Ralph Platz, qui a auparavant dirigé Bouchard. Joueuse gauchère fougueuse sur le terrain, elle croit que c’est le programme de Tennis Canada qui lui a montré tout ce dont elle a besoin pour développer son jeu.

Pour Tennis Canada, l’investissement pourrait bientôt rapporter gros, compte tenu des grandes ambitions de tout ce beau monde.

“Je veux être no 1 au monde et gagner le plus de tournois du Grand Chelem que possible”, souhaite rien de moins Andreescu.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.