Pierre Lavoie: l’Ironman au cœur tendre
Impossible d’arrêter le triple champion de l’Ironman d’Hawaï dans sa catégorie, Pierre Lavoie. Le triathlète roulera 1 000 km à vélo en 60 heures dans le cadre du Grand Défi Pierre Lavoie, qui aura lieu ce week-end.
Pierre Lavoie n’entend pas à rire lorsqu’il s’attaque aux problèmes de santé des jeunes. L’année dernière, le trajet d’en-vergure qu’il a mis sur pied avait réuni 750 cyclistes et amassé 1,2 M$ pour promouvoir les saines habitudes de vie chez les jeunes et soutenir la recherche sur les maladies héréditaires orphelines.
Et les initiatives de Pierre Lavoie ne s’arrêtent pas là. Dans le cadre de projets novateurs auxquels participent plus de 200 écoles, Pierre Lavoie parcourt la province toute l’année. Son but? Promouvoir la santé et la persévérance scolaire, au moyen de l’éducation et du jeu, auprès de centaines de milliers de jeunes Québécois. L’homme de fer – et de cœur! – s’est battu corps et âme contre l’acidose lactique qui lui a ravi ses enfants Raphaël et Laurie. Grâce aux fonds qu’il a recueillis depuis 1999, il est maintenant possible de dépister et de prévenir cette maladie.
Vous semblez infatigable, tant durant le Grand Défi que dans le cadre des importants projets que vous menez de front chaque année. Quel
est votre moteur?
Mes enfants Laurie et Raphaël ont inspiré tout ce mouvement. Ils m’ont appris à me dépasser. Quand ils nous ont quittés, je me suis dit qu’on n’avait pas le droit de laisser des maladies comme l’acidose lactique continuer ses ravages. Tous ces projets de collecte de fonds et de sensibilisation, c’est ma façon donner un sens à ce qui leur est arrivé.
Certains auraient baissé les bras après avoir perdu leurs enfants. Vous, au contraire, vous avez rebondi…
Je ne l’ai jamais eu facile. Quand j’étais jeune, ma famille était pauvre, on vivait dans un quartier très dur, et j’ai dû apprendre à me défendre. Ça m’a préparé aux épreuves à venir. Mais j’ai déjà pensé tout abandonner. Quand tout s’écroule, quand on pense au suicide, c’est là qu’il faut s’accrocher. Ce qui m’aide, c’est de m’être fixé un but : me battre pour la santé et l’éducation de nos jeunes. Comme pour compléter un défi Ironman, j’ai un objectif et je m’y accroche.
Vous vous êtes d’abord attaqué à l’acidose lactique et vous luttez maintenant contre les problèmes de santé et le décrochage scolaire chez les jeunes. Comment avez-vous pris cette décision?
Le combat contre l’acidose lactique se poursuit. Mais pour nous, c’était important de soutenir aussi la recherche sur les maladies orphelines qui, en raison de leur rareté, attirent peu l’attention des chercheurs. Ces maladies engendrent tellement de souffrance, et elles touchent un Québécois sur 20!
Il faut aussi revoir les habitudes de vie de nos jeunes. La génération qui vient de naître a une espérance de vie moindre que ses parents. C’est du jamais vu dans notre histoire, et c’est très inquiétant. Plus que jamais, on doit passer en mode action et poser des gestes concrets pour assurer la bonne santé de nos jeunes. Il est temps de mettre la switch à on. On doit arrêter de demander au gouvernement de tout régler en se croisant les bras.
Notre gouvernement dépense déjà 47 % de nos impôts pour les soins de santé. De toute évidence, il faut revoir notre façon de gérer nos problèmes de santé au Québec. On fait fausse route en misant sur les soins plutôt que sur la prévention. Notre système ne peut plus continuer de guérir des problèmes qu’il est possible, dans 80 % des cas, de prévenir : l’hypertension, les maladies liées au tabac, le diabète, l’hypercholestérolémie… Il devient donc plus urgent que jamais d’inculquer à nos jeunes de saines habitudes de vie. Et je crois que ça doit passer par l’éducation et la prévention.
Pensez-vous un jour implanter vos projets à l’extérieur du pays?
Déjà, nos programmes en matière de santé auprès des jeunes existent en Colombie-Britannique, au Nunavik… et même en France! Mais pour bien faire les choses, on doit prendre notre temps pour ensuite mieux implanter nos projets dans l’ensemble du pays et à l’étranger. Et puis, j’aimerais beaucoup exporter nos différents programmes aux États-Unis. Si Michelle Obama s’intéresse aux problèmes de santé, d’obésité et de sédentarité chez les jeunes… je suis convaincu qu’elle embarquera avec nous!
Le Grand Défi Pierre Lavoie, 1 000 km à vélo
- Départ de Saguenay le 15 juin
- Arrivée au Parc olympique de Montréal le 17 juin