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12:25 3 avril 2020 | mise à jour le: 3 avril 2020 à 16:27

Google publiera des données sur la mobilité des populations

Google publiera des données sur la mobilité des populations
Photo: Getty Images

Google publiera dès vendredi une «série de rapports» sur la mobilité des populations dans la foulée de la COVID-19. L’exercice sera fait dans plus de 130 pays, incluant le Canada et le Québec.

Par cette nouvelle mesure, Google dit vouloir «aider les responsables de la santé publique à lutter contre la COVID-19». Les gouvernements comprendront ainsi mieux comment les mesures de distanciation sociale aident à aplanir la courbe, estime-t-on.

Ainsi, «les tendances générales des mouvements» seront analysées dans différents endroits. «Les lieux de loisirs, les épiceries, les pharmacies, les parcs, les stations de transport en commun, les lieux de travail et de résidence» sont concernés.

Dans une lettre ouverte publiée vendredi, la directrice des produits géographiques de Google, Jean Fitzpatrick, et la médecin en chef de l’entreprise, Karen DeSalvo, sont catégoriques.

«Nous afficherons les tendances sur plusieurs semaines, les informations les plus récentes datant de 48 à 72 heures. Nous afficherons une augmentation ou une diminution du pourcentage des visites. Mais nous ne partagerons pas le nombre absolu de visites», écrivent-elles.

Elles assurent qu’aucune information «personnellement identifiable» ne sera diffusée pour protéger la vie privée.

Des bulletins régionaux?

Vu le besoin «urgent» d’informations dans chaque municipalité, Google promet aussi de diffuser des rapports régionaux lorsque possible. «Au cours des prochaines semaines, nous ajouterons d’autres pays et régions pour que ces rapports restent utiles aux responsables du monde entier», promettent par ailleurs les deux employées.

«Nous espérons que ces rapports aideront à prendre des décisions sur la façon de gérer la pandémie de COVID-19», indiquent-elles. L’analyse des déplacements pourrait aider à émettre des recommandations en matière «d’horaires d’ouverture», selon l’entreprise.

Google promet aussi de s’entourer d’épidémiologistes dans le processus.

«Les données de ce type ont aidé les chercheurs à étudier les prévisions des épidémies. Mais aussi à planifier les infrastructures urbaines et de transports en commun», affirment Mme Fitzpatrick et DeSalvo.

Inquiétudes au Québec

La Ligue des droits et libertés (LDL) somme pour sa part le gouvernement Legault de s’assurer que ces rapports de Google demeurent «une mesure d’exception». Celle-ci devra être supprimée après le confinement.

«Ce serait normalement assujetti à une autorisation judiciaire», indique une porte-parole de l’organisme, Dominique Peschard. Le dossier est «extrêmement sensible» partout dans le monde, ajoute-t-elle.

«Il est du devoir des autorités de garantir que la géolocalisation sera utilisée uniquement à la demande de la santé publique. On ne doit pas élargir cette surveillance à tout le monde.» -Dominique Peschard, porte-parole de la LDL

L’organisme appelle Québec à rendre des comptes régulièrement sur «l’utilisation qui sera faite de ces pouvoirs».


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