Autres temps, autres mœurs
Le 3 novembre dernier, la Cour d’appel donnait raison à Lola. Ainsi, les conjoints de fait auraient maintenant le droit de demander une pension alimentaire pour eux-mêmes à leur ex-conjoint. Le Québec était, jusqu’à présent, la seule province canadienne qui n’accordait pas ce droit aux couples vivant en union libre.
Pour la société québécoise, il s’agit d’une décision significative parce qu’elle aura des répercussions importantes sur la façon dont le droit encadre les relations conjugales.
Pendant que de nombreuses femmes se réjouissent de la décision de la juge Julie Dutil en évoquant une avancée majeure pour les droits des familles, de nombreux hommes, eux, n’endossent pas le jugement. À titre d’exemple, chez Intermezzo Montréal, une agence de rencontres que je dirige depuis 1995, nous remarquons une nouvelle préoccupation au sein de la clientèle masculine bien nantie.
C’est celle de l’égalité salariale. En 15 ans d’existence et avec un réseau de 5 000 membres, nous n’avons jamais connu une telle réalité. Auparavant, le salaire (ou les actifs) était abordé comme une préférence, sans être un critère de sélection; maintenant, il en devient un. Par ailleurs, nos clientes, elles, demeurent fidèles à leurs habitudes. Elles ont toujours voulu être jumelées avec des hommes ayant un salaire semblable au leur.
Intermezzo Montréal s’adapte à sa nouvelle réalité. La société québécoise devra le faire aussi.
– Jean-Marc Larouche, président d’Intermezzo Montréal