Soutenez

Réflexion sur la consommation

La période de Noël offre une bonne occasion de remettre en question la consommation irresponsable et de souligner l’endettement des ménages. Au-delà des admonestations, faudrait-il mettre en cause la production irresponsable et ses structures?

La stagnation des salaires depuis 20 ans face à l’augmentation du coût de la vie, particulière­ment du logement et de l’alimentation, devrait ainsi faire le chapitre premier d’une littéracie financière. De même qu’un rapprochement entre la valeur de l’endettement des nations et les baisses d’impôt consenties aux grandes sociétés depuis 30 ans, parmi les plus prospères et les moins productives (mais déten­trices de biens fonciers et symboliques). Cela, jusqu’au renflouement des valeurs spéculatives à partir des valeurs issues du travail (l’impôt des salariés), comme hérésie économique.

De façon plus pragmatique, il est probable que la consommation rituelle donne lieu à des exagérations. De façon très générale toutefois, la désuétude et la rupture programmée des biens
de consommation me semblent un problème économique ou écolo­gique bien plus grave.

Un problème social important aussi, lorsqu’il prend à la gorge les ménages moins riches (notamment les salariés) tout en sanctionnant le truquage comme éthique présidant aux contrats tacites entre agents, imposant du coup la facture à l’environnement et au développement humain. Le gaspillage (matériel et humain) est l’assise de la stabilité sociale des sociétés occidentales, qui ont rendu systémique ce qui est autrement rituel.

Ainsi, une réponse cohérente à la surconsommation serait qu’on normalise la durée de vie des biens et que l’État assure mieux la recomposition des moyens de production en fonction des besoins et des enjeux éthiques, des traditions et de la culture mis au jour par la société (là trouve-t-on la durabilité à mettre en couple avec la motivation à innover).

La forte taxation des transactions spéculatives y concourrait, bien sûr. Ainsi, la question réelle serait plutôt celle d’une surproduction et surtout, de la valeur usuelle et de la distribution de ce qu’on produit.

–  Louis Bourque

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.