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Le Biodôme prépare un guide pour choisir son poisson

Manon Curadeau, Julie Scardere et Nathalie Le François - Biodôme de Montréal

Le Biodôme est en train d’élaborer un guide écoresponsable pour la consommation de poissons marins et de fruits de mer pour l’Est du Canada. Un guide sans liste! Il favorisera plutôt l’aspect éducatif touchant l’exploitation des ressources marines de manière durable et responsable et la responsabilisation du consom­mateur. Ce guide misera sur le gros bon sens et abordera les grands concepts liés à l’acquisition de comportement écoresponsables dans les habitudes de consommation.

La cause est juste: elle fait appel à l’urgence d’agir pour que l’industrie mondiale des pêches se conforme aux principes de conservation des populations de poissons démontrant des indices d’épuisement. Mais la con­som­mation de poisson est bénéfique pour la santé humaine. Or, de nos jours, on généralise au point où l’acte de manger du poisson est souvent synonyme d’un appui à la dégradation de notre environnement et de mises en garde liées à leur contamination!

Dans le but d’aider le consommateur dans ses choix, il existe une multitude de programmes de sensibilisation sur les produits marins. Vous savez, ces petits feuillets éducatifs qui se glissent dans les poches et qui fournissent une liste de choix à faire aux abords des étalages des poissonniers?

Ces feuillets sont-ils trop alarmistes ou biaisés? Manque-t-il leur cible? Une équipe du Biodôme de Montréal s’est penchée sur les grands princi­pes et la rigueur scientifi­que des méthodes d’évaluation disponibles au pays, afin de mesurer la pertinence de ces outils éducatifs. L’équipe conclut que la base de ces outils s’appuie sur une méthodologie qui semble rigoureuse, mais ces guides font souvent abstraction de notions de proximité et de la présence d’une industrie canadienne des pêches et de l’aquaculture respectueuses des avis et règlements.

Au grand étonnement des spécialistes, ces listes sont souvent élaborées à l’extérieur de nos frontières ou calquées sur des outils décision­nels déjà bien implantés. Elles préconisent des espèces non-indigènes (ex. crevette rose de l’Oregon, tilapia) et elles ne considèrent que très peu les aspects socioéconomiques liés aux pêcheries et à l’aquaculture comme des activités de développement durable et moteurs économiques de nos régions côtières. À titre d’exemple, au Québec, les pêches commerciales de la crevette nordique et l’élevage de la moule bleue sont des activités considérées comme écoresponsables.

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