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Échec et frappe

Xiaoliang Huang - Metro World News

Il est 10 h, samedi matin. Au club de boxe Islington, dans le nord de Lon­dres, des entraîneurs observent leurs poulains frapper sur les punching bags. Une lourde musique rap ajoute à l’ambiance.

Tout à coup, une clo­che retentit, et les pugilistes retirent leurs gants de boxe et s’attablent deux par deux devant des échiquiers. Tout le monde est calme et concentré. Cinq minutes plus tard, la cloche résonne de nouveau, et les athlètes renfilent leurs gants et se remettent à la boxe.

Bienvenue dans le monde du chessboxing, ce sport créé par l’artiste néerlandais Iepe Rubingh, qui s’est inspiré de la bande dessinée française Froid Équateur, d’Enki Bilal, qui présentait un sport hybride entre la boxe et les échecs. Le premier championnat mondial de chessboxing a eu lieu en 2003.

S’il faut en croire le boxeur professionnel ukrainien Vitali Klitschko, il y a une corrélation à faire entre les deux sports. «Les échecs sont similaires à la boxe, affirme le poids lourd. Dans les deux cas, vous devez développer une stratégie, penser deux ou trois coups à l’avance et anticiper ce que votre adversaire fera.»

Au cours d’un match de chessboxing, les athlètes se livrent, en alternance, à des rondes de boxe et de jeu d’échecs éclair. Un knock-out ou un échec et mat procure une victoire. De plus en plus de clubs de chessboxing poussent dans le monde, de Los Angeles, en Califormie, jusqu’à Krasnoïarsk, en Sibérie.  

À Londres, l’entraîneur Matt Read assure qu’il ne s’agit pas d’une activité pour les boxeurs en manque de carrière. «Tout a commencé avec des boxeurs un peu geeks qui voulaient jouer aux échecs», ironise-t-il. Ses longs bras, qui indiquent un entrainement de boxe évident, s’activent sur l’échiquier. Matt veut montrer la stratégie de son club, qui est de contrôler le centre de la planche.

«L’entraînement me permet de muscler mon cerveau et d’être mieux préparé psychologiquement, explique Charlie Hayter, un analyste financier de 27 ans qui s’adon­ne au chessboxing de­puis six mois. C’est plus difficile que je pensais. Il faut réussir à se détendre et à contrôler son rythme cardiaque afin de se concentrer sur les échecs.»

Les règlements

  • Un match : 11 rondes, alternant boxe et jeux d’échecs éclair.
  • Un joueur peut gagner par knock-out sur le ring, par échec et mat sur l’échiquier ou si son adversaire n’a plus de temps aux échecs.

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La dureté du mental: Tim Woolgar, association de chessboxing du Royaume-Uni
Ancien vidéo-journaliste de la BBC, Tim Woolgar a été complètement séduit par le chess­boxing. Champion des poids lourds en 2008, il a fondé une association au Royaume-Uni la mê­me année.

Depuis, sa mission est de connaître son sport. Il a organisé 10 tournois dans la région de Londres. «Je veux que le sport soit de plus en plus populaire et qu’il prenne d’assaut les écoles. Je vois tout le potentiel avec les jeunes.»

Tim a de grandes ambitions pour son sport, qu’il décrit comme «physiquement épuisant et mentalement stimulant». Pas pour rien que ses deux héros sont Mohamed Ali et Bobby Fischer…

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