L’Olympia de Montréal célèbre ses 100 ans
L’Olympia de Montréal fête ses 100 ans ce dimanche, avec un gala d’humour. Mais saviez-vous que L’Olympia ne serait peut-être pas ce qu’il est aujourd’hui n’eût été l’intervention de Lara Fabian? En 2006, la chanteuse, alors en couple avec le réalisateur français Gérard Pullicino, convainquait ce dernier d’investir une grosse somme d’argent afin de préserver le cachet de cette enceinte riche en histoire et en culture.
Auparavant, l’Olympia avait porté le nom de Théâtre Amherst (1925 – 1969), puis de Théâtre Arlequin (1969-1989), et n’avait pas la vocation populaire dont il bénéficie aujourd’hui, bien que plusieurs artistes renommés, d’ici ou d’ailleurs (voir liste plus bas) soient passés en ses murs.
Gérard Pullicino était allié avec Patrick Levy, homme d’affaires d’abord actif dans le domaine de l’immobilier, et un autre partenaire, Daniel Revah, dans ce projet fou de retaper L’Olympia (qui était alors loué par la firme Spectra) pour en faire une salle multifonctionnelle. Une opération qui nécessitait un engagement à hauteur d’environ cinq millions de dollars.
Dès lors, Patrick Levy abandonnait son boulot de transformation d’immeubles industriels en condominiums pour se consacrer à temps plein à la scène, celle de l’Olympia. En 2008, il fonde les Productions Revel et se fait les dents en montant la comédie musicale Sherazade, Les Mille et Une Nuits, de Felix Gray, en collaboration avec le Groupe Spectacles Gillett (maintenant evenko). Une aventure, anticipait déjà l’entrepreneur, qui allait marquer le début de la nouvelle ère de L’Olympia.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’institution montréalaise n’a pas de parenté réelle avec L’Olympia de Paris. Elle a été nommée ainsi parce qu’un des propriétaires de L’Olympia de Montréal, dans les années 1970, était l’ami de Bruno Coquatrix, ancien directeur de l’Olympia de Paris. Ce dernier s’était arrêté au Québec pour couper le ruban lors de l’inauguration, lors du passage du Théâtre Arlequin à L’Olympia, et la dénomination commune entre les deux théâtres s’est finalement avérée un clin d’œil davantage qu’une alliance concrète.
«Mais quand on dit à un artiste français qu’il va faire L’Olympia à Montréal, pour lui, c’est wow. Il considère qu’il fait L’Olympia. Le punch est le même, et ça m’a donné beaucoup de notoriété dans l’industrie», expose Patrick Levy.
Sugar Sammy, un tournant
Patrick Levy ne s’en cache pas, la rentabilité de L’Olympia, sous sa gouverne, a été longue à venir. Un certain Sugar Sammy, avec les 375 dates «sold out» de sonone man show You’re Gonna Rire, de 2011 à 2013 (400 000 billets vendus) a imposé l’Olympia comme un joueur notable dans le milieu de l’humour, une tangente qui lui a insufflé un élan définitif.
«Et là, c’a explosé dans l’humour. Les gens ont compris qu’il se passait quelque chose dans cette salle. Ç’a donné un gros punch à la salle», illustre Patrick Levy.
Aujourd’hui, environ 30 % de la programmation de L’Olympia est consacré à l’humour. Le reste est dédié à la musique (indie, indie rock, hip hop, québécoise) et aux événements privés, très fréquents.
«On a beaucoup de shows africains, de gospel, en ce moment. Depuis trois ans, on a plein de spectacles gospel, toujours sold out», soutient Patrick Levy.

En 2025, L’Olympia se classait #2 au Canada et #8 au monde au classement des salles de concert Pollstar 2025 (en termes de ventes de billets). Patrick Levy n’est d’ailleurs pas peu fier de la réputation à l’échelle mondiale de son «club venue» (catégorie dans laquelle se classe L’Olympia dans le jargon du show-business anglophone).
Du pop corn en spectacle
Dans la dernière année, L’Olympia a craint pour sa survie lorsqu’un projet de piste cyclable, pensé de façon à se déployer devant le débarcadère de L’Olympia, rue Atateken, s’est mis en branle. Cet aménagement envisagé aurait empêché la venue d’artistes transportant de lourds équipements, parfois répartis dans six camions. La Ville de Montréal et la STM se sont finalement entendues avec Monsieur Levy pour que la circulation cyclable soit contournée les jours de grande visite.
«Heureusement que Madame Soraya (Martinez Ferrada, mairesse de Montréal) est intervenue et a repris le dossier. Elle nous a aidés, parce que ça allait dans une mauvaise direction. Mais ils ont sauvé le coup et ont réussi à joindre les deux parties. Il y a eu de la communication… ce qu’il n’y avait pas avant! Maintenant, on a une nouvelle administration qui vient nous voir et qui communique. C’est important, de parler aux commerces. Ce sont les commerces qui apportent le tourisme, qui font vivre la ville. On est aussi importants que les politiciens, car on fait rouler l’économie.»
L’Olympia de Montréal recèle par ailleurs une particularité amusante: on peut y grignoter des friandises pendant un spectacle, notamment du maïs soufflé, comme au cinéma.
«Je suis un grand fan de cinéma. Je me suis demandé pourquoi on ne pourrait pas faire comme au cinéma! J’avais un spot du côté droit de mon bar, où mes employés jetaient toujours leurs manteaux. Un jour, j’ai demandé à un ébéniste de faire un plan et on a construit ce snack bar. Tout ce qui était au cinéma, je le voulais là: la machine à popcorn, les petits bonbons… Et ç’a fait un carton! On est même classés comme le meilleur popcorn à Montréal, selon tous les gens qui entrent», badine Patrick Levy, en révélant le secret de la magie de son maïs soufflé: de l’huile de coco…
Les 100 ans de L’Olympia de Montréal seront célébrés lors d’un gala d’humour, le dimanche 19 avril. La soirée sera animée par Anas Hassouna, avec la collaboration d’Yves Desgagnés. Laurent Paquin, Christine Morency, Neev, Charles Brunet, Sinem Kara et Oussama Fares, entre autres, figurent parmi les invités.
Un peu d’histoire…
De 1925 à 1969, l’établissement portait le nom de Théâtre Amherst, puis de 1969 à 1989, du Théâtre Arlequin. En 1989, il adoptait le nom du Théâtre Olympia (ou L’Olympia).
1925: Construction de l’édifice Amherst par la firme Ross & Macdonald, aussi architectes des magasins Eaton et Ogilvy et de l’édifice Dominion Square.
7 février 1926: Ouverture officielle du Théâtre Amherst.
1969: Le Théâtre Amherst devient le Théâtre Arlequin.
1979: Serge Martin et François Prévost reprennent la direction des opérations. Ils élargissent les activités de la salle, créant notamment L’Université Populaire, qui rejoindra 290 000 spectateurs (1981), et démarrent de nouvelles séries de conférences. On y présente entre autres, de 1979 à 1989, la célèbre série de ciné-conférences Les Grands Explorateurs.
Octobre 1989: Le Théâtre Arlequin devient le Théâtre Olympia (pour des questions de droits sur le nom Arlequin) et présente ses premières productions, Les Gaffeurs (4–7oct.1989) et Broue (11 au 22 octobre 1989).
1990 – 2005: Le Groupe Spectra reprend les opérations de la salle en tant que locateur du lieu. La salle accueille plusieurs artistes de renommée locale et internationale. Plusieurs spectacles y sont présentés dans le cadre des FrancoFolies de Montréal, en 1992, 1993, 1999 et 2000.
2005 – 2006: Le Théâtre est racheté et repris par une nouvelle administration, incluant Daniel Revah, Gérard Pullicino et Patrick Levy. Ils entreprennent des rénovations majeures. La scène est agrandie, les équipements sont mis à jour et la salle devient entièrement modulable pour accueillir tous types d’événements de 400 à 2400 personnes(debout).
27 avril 2007: Soirée d’ouverture officielle de L’Olympia par la nouvelle administration, marquée par un concert-événement de Lara Fabian.
2008 – 2009: La comédie musicale Sherazade, Les Mille et Une Nuits, écrite par Felix Gray et produite par le Groupe Spectacles Gillett (maintenant evenko) et les Productions Revel, devient la première production locale d’envergure présentée dans la salle rénovée. Le spectacle y jouera en résidence plus de 50 fois, quelques mois avant de partir en tournée, et connaîtra du succès au Québec et en France.
2011: Sugar Sammy lance son premier spectacle bilingue, You’re Gonna Rire, à L’Olympia et y jouera en résidence plusieurs mois. Le spectacle deviendra un véritable phénomène au Québec. De nombreuses supplémentaires sont ajoutées. L’artiste offrira plus de 150 représentations à L’Olympia.
À compter de 2016, L’Olympia s’impose comme une salle incontournable, notamment pour l’humour local. Les plus grands humoristes du Québec y présentent leur spectacle. L’Olympia accueille de nombreuses premières médiatiques. Son esthétique et son cachet historique en font aussi un lieu de prédilection pour le cinéma et la télévision. Plusieurs spectacles y sont captés et la salle accueille plusieurs tournages.
2025: En 2025, L’Olympia se classe #2 au Canada et #8 au monde au classement des salles de concert Pollstar 2025 (en termes de ventes de billets) et présente une programmation éclectique incluant plus de 150 événements et plus de 200 000 visiteurs par an.
Ils sont passés par l’Olympia de Montréal…
- Nick Caves and the Bad Seeds
- Ed Sheeran
- Adèle
- Bad Bunny
- Zucchero
- Tori Amos
- The Cranberries
- Motörhead
- Village People
- Wu Tang Clan
- Goo Goo Dolls
- Maxime Le Forestier
- Louis Chedid
- Alain Souchon
- Les Rita Mitsouko
- Sylvie Vartan
- Charlotte Gainsbourg
- Louis-José Houde
- Lise Dion
- François Bellefeuille
- Laurent Paquin
- Mike Ward
- Patrick Huard
- Rachid Badouri
- Kaytranada
- Lisa LeBlanc
- Method Man & Redman,
- Dita Von Teese,
- GodSpeed You! BlackEmperor
- Demi Lovato,
- Jack White
- James Blake
- Mac Miller
- Travis Scott
- Ms. Lauryn Hill
- Carla Bruni
- Christophe Maé
- Enrico Macias
- Gims
- IAM
- Julien Clerc
- Francis Cabrel
- Kendji Girac
- Claude Léveillé
- Gilles Vigneault
- Plume Latraverse
- Dan Bigras
- Laurence Jalbert
- Roch Voisine
- Daniel Lavoie
- Michel Rivard
- Lara Fabian
- Nelly
- Akon
- NOFX
- Rise Against
- Ziggy Marley
- Sheryl Crow
- Slash
- SnoopDog
- The Cult
- The Kills
- Machine Gun Kelly
- Patricia Kaas
- Tiken Jah Fakoly
- Slimane
- Clémence Desrochers
- Daniel Lemire
- Jean-Michel Anctil
- Sugar Sammy
- Loreena McKennitt
- Arcade Fire
- Daniel Bélanger
- Half Moon Run
- KD Lang
- Rufus Wainwright
- Matha Wainwright
- Marie-Mai