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La Lune de Galilée

Pierre Chastenay - Planétarium de Montréal

Quel est l’objet céleste vers lequel les astronomes amateurs débutants tournent le plus souvent leur nouveau télescope? La Lune, bien sûr! L’astronome italien Galileo Galilei ne fait pas exception à cette règle, au contraire, puisque la Lune est le tout premier astre qu’il ait observé au télescope. C’était à l’automne 1609, il y a 400 ans cette année… Les observations que fit alors Galilée allaient bouleverser bien des idées reçues.

À l’époque, les écrits du philosophe grec Aristote sur la nature des corps célestes faisaient autorité. Aristote affirmait que les astres étaient des sphères parfaites aux surfaces lisses et sans défaut. Quelle ne fut pas la surprise de Galilée d’apercevoir à travers sa lunette des cratères, des vallées et des montagnes sur la Lune!

Sommets lunaires
Nuit après nuit, Galilée découvrait une Lune étonnam­­ment semblable à la Terre. Observant au premier quartier des points de lumière dans la partie sombre de la Lune, Galilée comprit qu’il s’agissait de montagnes lunaires dont le sommet était éclairé par le Soleil, tandis que la base demeurait dans l’ombre. Galilée se servit de ses connaissances en géométrie pour évaluer l’altitude de ces sommets lunaires et conclut qu’ils étaient aussi hauts que les montagnes terrestres. Aristote avait tout faux : loin d’être lisse, la Lune était aussi accidentée que notre planète, sinon plus!

La Terre n’est pas le centre de l’univers
Ça n’allait pas être la seule observation de Galilée qui prenait Aristote en défaut. Pointant son télescope vers Jupiter en janvier 1610, Galilée découvrit quatre lunes en orbite autour de la géante. Cela contredisait un autre dogme d’Aristote, selon lequel la Terre était le centre absolu du monde, autour duquel tous les autres astres tournaient. Ce n’était clairement pas le cas des lunes de Jupiter!

Observant Vénus, Galilée découvrit que la planète montrait des phases, comme notre Lune; la seule explication possible était que Vénus tournait autour du Soleil, et non de la Terre. Autre coup dur pour Aristote!

Finale­ment, Galilée observa des taches sur le Soleil et montra que notre étoile tournait sur elle-même en une trentaine de jours. Ces observations, et bien d’autres que Galilée réalisera tout au long de sa vie, firent de l’astronome italien un fervent défenseur de la théorie héliocentrique de Copernic, qui plaçait le Soleil au centre du monde et faisait de la Terre une planète comme les autres, en orbite autour de notre étoile. Galilée paiera cher son soutien à une
théorie jugée hérétique par l’Église de l’époque, mais ses idées finirent par triompher
– tout ça grâce à son télescope rudimentaire et à ses immen­ses talents d’observateur!

Pierre Chastenay est astronome au Planétarium de Montréal et porte-parole québécois de l’Année mondiale de l’astronomie.
www.museumsnature.ca

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