La France économique

Ici, c’est l’État minimal dans tout. Au Québec, le mot d’ordre est de ratatiner la Caisse de dépôt et la SGF et de privatiser les autoroutes, l’éolien et les services publics. L’État ne doit plus s’impliquer directement dans l’économie, mais indirectement, en subventionnant les «héritiers».

En France, même avec Sarkozy à droite, c’est différent. L’État français est le principal actionnaire de Renault, et le secrétaire d’État vient d’exiger que l’entreprise lui «fasse des propositions» pour assurer la pérennité des sites du groupe en France, car l’État se veut «vigilant» au niveau de l’emploi. Et Renault s’est récemment porté acquéreur de 25 % du plus important constructeur automobile russe. Puis, Électricité de France (EDF), détenue à 85 % par l’État français vient d’acheter pour 16 G€ le géant britannique British Energy et a récolté, en 2008, 954 MW sur les 2 000 MW d’éolien principalement offerts par Québec à des étrangers. Québec cède l’éolien à des étrangers, mais interdit à Hydro-Québec d’y investir. Insensé!

L’État français détient aussi 35 % de la multinationale Gaz de France-Suez et est le principal actionnaire du géant Airbus (constructeur d’avions) et d’EADS (militaire). Ici, l’État n’a plus rien dans Canadair, privatisé à Bombardier, mais est son principal souteneur. Idem pour les Arsenaux Canadiens, vendus aux Américains. Alors que Bell est entièrement privée, l’État français est propriétaire à 33 % de France Télécom.

Et la Caisse des dépôts et consignations de la France, contrairement à la nôtre, contrôle plein d’entreprises, dont la transnationale Transdev, qui s’est portée acquéresse des compagnies québécoises de transport Limocar et Groupe Auger. En plus, Sarkozy a créé, en 2008, un nouveau fonds étatique de 149 G$ pour investir dans les entreprises françaises. Investir qu’il a dit, et non se limiter à les subventionner comme ici. Sarkozy a dit : «Les Chinois, les Russes le font, il n’y a pas de raison que la France ne le fasse pas.» Nous on ne le fait pas, M. Sarkozy.

Le gouvernement français a aussi bloqué la vente à l’étranger de la multinationale alimentaire Danone et de la pharmaceutique Aventis, dont il a forcé la fusion avec Sanofi. Québec, lui, a favorisé la vente de Provigo et de Biochem Pharma à l’extérieur. L’État français est un investisseur majeur dans Air France et l’actionnaire unique de la Société nationale des chemins de fer (SNCF).

Le modèle économique et social québécois fait dur lorsqu’on le compare aux européens. On aurait intérêt à s’inspirer du modèle français. Mais on va continuer à cultiver la haine de nos instruments collectifs pour mieux les brader.

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