Un psy pour qui?
Jusqu’ici, j’ai toujours pensé beaucoup plus de bien que de mal de Régis Labeaume, le maire de Québec. Fort en gueule, un peu bum sur les bords et parfois même chauvin au point d’en perdre les pédales. D’accord, l’homme manque souvent de subtilité et a tendance à couper ses rubans avec une scie à chaîne, mais bon, pour une fois qu’on en a un qui tranche sur le reste. J’ai si souvent rêvé que Gérald Tremblay ait le huitième de son front de beu…
Mais maintenant que le psychanalyste «ès-toutte» chargé de trouver la véritable identité de
la Vieille-Capitale-qu’il-ne-faut-plus-appeler-ainsi est reparti réfléchir dans ses terres, je me demande dans quelle patente à cloches la ville de Québec vient de s’embarquer.
Je m’excuse mais cette étrange consultation ressemble à un délire mégalomaniaque consommé. À un trip d’idéaliste parti sur une baloune ou pire, à la dérape d’un souverain gâté qui n’a de comptes à rendre à personne. Or, même s’il semble être là depuis toujours, Labeaume siège à la mairie de Québec depuis à peine deux ans. C’est bien court. Puisque l’homme a été réélu avec 80 % d’appuis l’automne dernier, il dispose d’une énorme latitude. Sauf qu’il est là avant tout pour répondre aux attentes de 4 électeurs sur 5. Labeaume lui-même l’avait d’ailleurs reconnu au soir du grand triomphe. Aujourd’hui, à part lui, combien sont-ils à y voir clair dans la consultation menée par son nouvel ami Clotaire Rapaille?
On dira qu’une opération du genre à 300 000 $ ne représente qu’une goutte d’eau dans le budget d’une ville de bonne envergure. Oui, sauf si on l’ajoute aux débours allégoriques qui ont été faits à Québec au cours des 27 derniers mois. Si c’est entendu qu’il est nécessaire d’investir pour grandir, moi, si j’étais résidant de Québec, je commencerais à avoir le vertige. À Montréal, on connaît bien l’impact de ces dépenses démesurées qui devaient nous ouvrir toutes grandes les portes du futur. Des portes qui ont laissé entrer un méchant courant d’air. Des courants froids comme on en retrouve dans le Stade olympique. Amis de Québec, achetez-vous des foulards, avec Régis, il risque de venter fort…
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Bob Gainey s’est tassé. Pour le remplacer, le Canadien a réalisé un exploit qui mérite d’être souligné. Il a trouvé quelqu’un d’encore plus drabe. Décevant.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.