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Des milliers de prostituées attendues à la Coupe du monde de soccer en Afrique du Sud

Photo: Métro

En prévision de la Coupe du monde de soccer, la police du Cap a recensé les prostituées dans certains quartiers de la ville au début de l’année. Elle en a compté 203. Deux mois plus tard, ce nombre avait grimpé à 300. Et cela n’est qu’un début, puisque des dizaines de milliers de péripatéticiennes sont attendues en Afrique du Sud pour le grand tournoi de soccer cet été.

«Il est logique qu’à l’approche de la Coupe du monde, le nombre de prostituées augmente, déclare le porte-parole de la police du Cap, Neil Arendse, à Métro. C’est pour cela que nous essayons de savoir où elles se tiennent.» Selon Errol Vandoo, directeur de l’Institut de politique familiale du Cap, les réseaux de prostitution recrutent en ce moment des Sud-Africaines: «En plus, des femmes qui n’auraient pas fait le trottoir dans d’autres circonstances se prostituent.

Elles le font parce que c’est de l’argent facile, pas parce qu’elles sont désespérées.» Un rapport de la Central Drug Authority sud-africaine conclut que 40 000 prostituées vendront leurs services avant et pendant la Coupe du monde.

Des visiteuses de partout
La police estime que la plupart viennent des zones rurales du pays. «Mais il nous en arrive également des pays limitrophes et d’Europe de l’Est, et elles ne parlent souvent pas anglais. Et il y a aussi des Chinoises, qui entrent au pays sans papiers ou avec de mauvais documents, rapporte JP Smith, conseiller municipal du Cap. L’autre jour, nous sommes tombés sur une prostituée chinoise dont le visa disait qu’elle était en Afrique du Sud pour donner des cours de boxe.»

Enfin, la Coupe du monde marquera les débuts de nombre de femmes dans l’univers de la prostitution. Erika (dont nous taisons le nom de famille à sa demande) fera elle aussi le trottoir cet été, mais pas pour y racoler les passants. Cette ancienne péripatéticienne, violée par son beau-père à l’âge de 4 ans et vendue par sa mère à un proxénète à12 ans, tentera plutôt d’inciter les prostituées à abandonner le métier. «Elles ont tant besoin d’amour et de reconnaissance, déclare-t-elle. Mais évidemment, elles ont beaucoup de mal à arrêter, à cause de l’argent.»

Vers la légalisation?

À l’approche de ce que certains appellent la «Coupe du monde de la prostitution», le chef de la police sud-africaine et certains politiciens ont suggéré de légaliser cette pratique. George Lekgetho, un parlementaire de l’African National Congress (ANC), a entre autres déclaré que cette mesure permettrait de réduire les viols et d’augmenter les recettes fiscales. Le projet de loi a été rejeté.

La Ville du Cap a plutôt choisi d’éradiquer la prostitution de ses rues. «Le lobby en faveur de la prostitution prétend qu’il s’agit d’un monde à la Pretty Woman, mais en réalité, c’est un milieu sordide, s’indigne le conseiller municipal Smith, à qui on doit cette initiative d’éradication. Si nous ne faisons rien, quand la Coupe du monde sera terminée, nous nous retrouverons avec des problèmes de prostitution, de drogue et de crime organisé.»

Cependant, même si la police du Cap réprime la prostitution dans ses rues, rien n’empêchera les hommes de se rendre dans les autres villes accueillant la Coupe du monde. «Si elles ne suivent pas notre exemple, je ne les plaindrai pas quand elles seront tombées aux mains du crime organisé», tranche Smith.

Légaliser la pratique pour prévenir le VIH?
Deux questions à Malcolm Potts, professeur de Planification de la famille et de la population à l’Université de Californie, à Berkeley.

Quels sont les risques sanitaires que court quelqu’un qui requiert les services d’une prostituée en Afrique du Sud?
Eh bien, s’il a une infection transmissible sexuellement (ITS), la gonorrhée, par exemple, il sera plus susceptible d’être infecté par le VIH que s’il est en santé. Une étude réalisée à Nairobi conclut qu’un homme ayant une autre ITS que le sida a une chance sur dix d’être infecté par le VIH en couchant avec une prostituée séropositive.

Quelles mesures peuvent prévenir une recrudescence des cas d’infection par le VIH pendant la Coupe du monde?
La distribution massive de condoms et la légalisation de la prostitution. Quand les travailleurs du sexe sont sous l’emprise d’un proxénète, qui a souvent lui-même le sida et qui infecte ses «protégées», la violence est monnaie courante, et les femmes n’ont aucune autonomie. Quand la prostitution est légale, les femmes sont en mesure de se prendre en main, et les taux d’infection sont plus bas.

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