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Echec du colmatage de la fuite dans le golfe du Mexique

Par Ben Nuckols - Associated Press

ROBERT, Louisiane (AP) — La tentative de colmatage, avec des boues
épaisses et du ciment, de la fuite de pétrole qui provoque dans le
golfe du Mexique la pire marée noire de l’histoire des Etats-Unis n’a
pas réussi. Un échec « aussi enrageant que déchirant », a réagi le
président Barack Obama.

La compagnie pétrolière BP avait estimé les chances de succès entre 60
et 70%, mais avait souligné qu’une telle opération n’avait jamais été
tentée à 1.500m de profondeur.

BP avait acheminé environ 9,5 millions de litres de boues pour colmater
le puits qui répand des hydrocarbures dans les eaux du golfe du Mexique
depuis six semaines et l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon,
qui avait fait 11 morts le 20 avril.

Le chef des opérations Doug Suttles a reconnu l’échec de la méthode
expérimentée, après trois jours d’efforts. « Nous n’avons pas été
capables d’arrêter l’écoulement et nous passons à l’option suivante »,
a-t-il résumé.

BP prépare désormais une nouvelle procédure pour arrêter la fuite:
envoyer des robots sous-marins sectionner la colonne endommagée d’où
s’échappe le pétrole et la recouvrir avec une valve d’endiguement, ce
qui devrait prendre entre quatre et sept jours. « Et le succès n’est pas
garanti », a admis Suttles.

Pour certains experts, la manoeuvre est risquée: si pour une raison ou
une autre, la valve ne peut être installée, l’écoulement
d’hydrocarbures risque d’empirer, s’inquiète Philip W. Johnson,
professeur d’ingénierie à l’Université d’Alabama.

Auparavant, BP avait déjà tenté de couvrir la fuite sous une cloche,
mais avait dû renoncer en raison d’un phénomène de cristallisation.

La seule option capable de régler le problème de manière permanente
prendra encore deux mois, le temps que le puits de secours en cours de
forage soit achevé, en août, selon la compagnie.

La fuite est à l’origine de la pire marée noire de l’histoire des
Etats-Unis. Dans le meilleur des scénarios, ce sont déjà 68 millions de
litres de pétrole qui se sont répandus en mer. Dans le pire des cas, on
évoque le chiffre de 151 millions de litres. En 1989, 42 millions de
litres s’étaient répandus après le naufrage du pétrolier « Exxon Valdez »
sur les côtes de l’Alaska, à la pointe nord-ouest des Etats-Unis.

Barack Obama, tout juste rentré de sa deuxième tournée d’évaluation des
dégâts en Louisiane, a déploré sèchement ce nouvel échec. « Nous ne nous
laisserons pas fléchir tant que cette fuite n’est pas contenue, tant
que les eaux et rivages ne sont pas nettoyés, et tant que les personnes
injustement victimes de cette catastrophe provoquée par l’homme
n’auront pas obtenu compensation », a-t-il lancé.

L’annonce de l’échec du colmatage a semé le désespoir dans les
communautés de pêcheurs de la côte louisianaise, où toute l’activité
est paralysée depuis la catastrophe. Des pêcheurs frappés à la
meilleure saison de l’année et qui craignent que la marée noire ne
sonne le glas de leur mode de vie, détruisant les élevages de crevettes
et les parcs à huîtres, polluant plages et marais, engluant les
pélicans…

« Ils vont détruire la Louisiane du Sud. Nous sommes en train de mourir
de mort lente. Nous n’avons pas le temps d’attendre pendant qu’ils
essaient des solutions. La saison des ouragans commence mardi », déplore
Billy Nungesser, le président de la municipalité de Plaquemines Parish.

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