Plus ça change…
Lorsqu’il sera temps de faire les bilans, la saison 2010 pourrait bien être cataloguée comme celle qui a connu les changements les plus draconiens dans l’histoire de la F1. À l’interdiction du ravitaillement en course se joint un nouveau système de pointage qui vient mélanger les cartes. Euh… mélanger les cartes, vraiment?
Jusqu’à l’an dernier, les victoires en F1 étaient couronnées de 10 points. Suivaient, dans l’ordre, 8-6-5-4- 3-2-1 points pour les sept autres positions. Le nouveau système de pointage donne plus, et à plus de monde : 25 points au gagnant, puis 18-15- 12-10-8-6-4-2-1 points aux suivants.
Désormais, les 9e et 10e positions sont récompensées. Total possible de points : 475 plutôt que 170. Devant ce système de pointage plus généreux, il y a eu des applaudissements de la part de ceux qui affirmaient que le tout allait se traduire par des luttes plus serrées en piste – pour la tête, mais aussi pour des positions plus loin en fond de grille. «Personnellement, dit Bertrand Godin, pilote québécois, je n’ai jamais couru pour les points, je l’ai toujours fait pour gagner. Mais il est vrai qu’avec le nouveau système, ça donnera assurément plus de suspense en fin de saison».
En contrepartie, il y a ceux qui déplorent que Jenson Button, qui a fini 7e à la première course de 2010 à Bahreïn, ait reçu six points… soit tout autant que pour sa 3e position en Chine l’an dernier. Ils déplorent également le fait que le pilote qui réussit régulièrement à franchir la ligne d’arrivée parmi les premiers peut plus facilement l’emporter… même s’il ne monte jamais sur la plus haute marche du podium. Qu’importe : qu’on l’aime ou pas, le nouveau système de pointage est là pour rester.
Pour l’heure, les résultats sont plutôt semblables, qu’on les regarde par la lunette de l’ancien ou du nouveau système. Ainsi, Mark Webber sur Red Bull serait toujours en tête avec 36 points, Jenson Button sur McLaren serait toujours second avec 35 points et Lewis Hamilton, aussi sur McLaren, occuperait toujours le 3e rang avec 34 points.
Par contre, Fernando Alonso sur Ferrari serait ex aequo avec Sebastian Vettel sur Red Bull (32 points), et Felipe Massa sur Ferrari le serait avec Nico Rosberg sur Mercedes (26 points). Le nouveau système donne pourtant un avantage d’un point à Alonso et à Massa. Tout à l’opposé, Robert Kubica sur Renault et Felipe Massa sur Ferrari, qui sont ex aequo selon le nouveau système (67 points), seraient séparés d’un point en faveur du Polonais (27 contre 26) selon l’ancien.
À ce jour cependant, la plus grande divergence survient en queue de peloton, où Rubens Barrichello sur Williams devance d’un point Vitaly Petrov sur Renault (7 points contre 6), alors qu’avec l’ancien système, c’est Petrov qui l’emporterait sur Barrichello (2 points contre 1).
Évidemment, les Sébastien Buemi sur Toro Rosso, Kamui Kobayashi sur Sauber et Nico Hulkenberg sur Williams, qui ont tous récolté un petit point pour une 10e position, n’auraient rien d’inscrit à leur fiche si l’ancien système s’appliquait encore…
Nouveau système de pointage ou pas, le podium resterait le même jusqu’à maintenant.
Mark Webber (Red Bull Racing) est premier au classement, avec 93 points. Avec l’ancien système, il aurait 36 points.
Jenson Button (McLaren) est deuxième au classement, avec 88 points. Avec l’ancien système, il en compterait 35.
Lewis Hamilton (McLaren) suit avec 84 points. L’an dernier, il en aurait amassé 34.