Ces étudiants qui choisissent l'exil
Des centaines, voire des milliers d’étudiants quittent Montréal ou même le Québec pour aller étudier en région ou ailleurs dans le monde. Pourquoi donc décident-ils de quitter famille et amis? Qu’est-ce qui les pousse à accepter de vivre de façon plus précaire pendant quelques années pour étudier?
Pas moins de 60 % des jeunes en région viennent dans les grands centres pour étudier, selon Benjamin Bussière, directeur général par intérim du programme Place aux jeunes. «Ils le font soit parce qu’il n’y a pas d’université dans leur coin, soit parce qu’ils veulent suivre leur conjoint ou vivre autre chose», explique celui qui chapeaute le programme mis sur pied en 1990.
C’était le cas de Laurent Turcot, maintenant professeur à l’Université du Québec à Trois-Rivières au département des sciences humaines et docteur en histoire de l’EHESS, à Paris. «Je voulais étudier à l’étranger pour connaître autre chose, mais aussi pour me faire des contacts. C’était une expérience très enrichissante et unique. Ça m’a fait voir des facettes différentes du globe.»
Un atout tangible
Le fait d’étudier loin de la maison devient aussi un atout dans son curriculum vitæ. «Ça démontre un sens de l’organisation très développé. Les étudiants prennent un risque se déracinant, mais ça leur permet d’approfondir leurs connaissances», précise Benjamin Bussière.
Prendre la décision de quitter son quotidien et sa famille est un défi de taille, mais pour des programmes tel que Place aux jeunes, le plus gros défi est de ramener les jeunes en région, avec leurs connaissances.
«Place aux jeunes a été créé par des fonctionnaires du gouvernement qui voulaient développer cette initiative, s’attaquer au problème d’exode», explique le directeur général du programme.
«En créant des emplois en région et en offrant une diversification, on permet non seulement aux jeunes de revenir, mais on observe depuis quelques années que plus de la moitié des diplômés en région proviennent des grands centres, continue-t-il. Après leurs études, ils décident de s’exiler en région pour travailler.»
Et l’inverse est aussi vrai?: des immigrants viennent au Québec pour leurs études et décident de rester ici. La promotion de nouveaux programmes, Place aux jeunes entre autres, les incite à immigrer en région.
«Mais c’est une migration temporaire. C’est difficile pour eux de rester en région pour de multiples raisons», ajoute Benjamin Bussière.