Les paysages intérieurs de Piers Faccini
Amoureux de blues, de folk et inspiré par la musique du monde, Piers Faccini navigue entre les styles et a une signature unique. Entretien.
Ceux qui ont assisté au dernier concert montréalais de Piers Faccini, en 2010 à L’Astral, en gardent certainement un souvenir impérissable. L’artiste d’origine anglo-italienne, qui habite désormais en France, avait fait résonner ses chansons dans une atmosphère quasi mystique. Piers lui-même se souvient de ce spectacle comme en étant un très spécial. «À Montréal, il y a un équilibre incroyable entre une écoute attentive et quelque chose de très vivant, observe-t-il lorsqu’on le joint au téléphone. C’est très propice à la musique!»
S’il a sorti son premier EP en 2000, c’est réellement depuis la parution de Two Grains of Sand (2009) que la carrière du posé musicien a fait un bond. «J’ai construit mon trajet petit à petit, dit-il. À force de faire des concerts, je me suis rendu compte que je n’étais plus seul sur la route; que j’étais accompagné par un public qui, sans que ce soit la folie, m’était quand même assez fidèle.»
Reconnaissant de ce succès, Faccini se dit ému que ses paroles aient trouvé une résonnance. «Avant d’être musicien, je me considère comme quelqu’un qui écrit. Alors, l’idée que mes chansons, qui viennent du plus profond de moi, deviennent celles des autres, ça me touche énormément.»
Le guitariste et poète ajoute que c’est seulement depuis une dizaine d’années qu’il sait vraiment ce qui fait sa signature. «À force de travailler, on comprend qu’on a une forme d’écriture qui nous est propre et que c’est seulement en l’explorant qu’on peut faire quelque chose de touchant. Il faut suivre son instinct. C’est ça, le travail d’un artiste : trouver la route qu’il doit suivre. Certains la trouvent sur le tard, d’autres ne la trouvent jamais.»
Piers, qui jouait autrefois avec le groupe Charley Marlowe, confie que c’est lorsqu’il a fait son premier album solo, en 2003, qu’il a compris quel chemin il devait suivre. «J’avais 33 ans, ce qui est assez tard pour lancer un premier disque. Mais, comme j’ai commencé à écrire des chansons à 14 ans, je sentais que j’avais acquis de l’expérience et que je m’étais forgé une identité d’auteur-compositeur-interprète.»
Au Festival de Jazz, Faccini présentera notamment des pièces de son plus récent effort, My Wilderness. Un titre pour le moins évocateur. «À l’intérieur de nous-mêmes, nous avons tous un désert; un paysage sauvage tellement vaste qu’on a l’impression qu’il est sans fin, explique-t-il. Quand j’écris, j’explore ce paysage, cette wilderness. Les chansons de ce disque sont donc une façon pour moi de dire : voici qui je suis. Voici ma géographie intérieure.»
Piers Faccini
Au Club Soda
Jeudi soir à 22 h