Un défi de tous les instants… fort satisfaisant
Aujourd’hui distribués dans plusieurs dizaines de points de vente, les sorbets Solo fruit ont bien failli ne jamais voir le jour. C’était sans compter sur la détermination et la débrouillardise de Felipe Gallon qui, en six ans, a su relever d’importants défis et ramener sa compagnie, Caribbean Juice, sur le chemin du succès.
Felipe Gallon a toujours eu le sens des affaires. Déjà, au cours de ses études universitaires en commerce international et en marketing, le jeune homme avait décidé de fonder, dans sa Colombie natale, une micro-entreprise pour se faire un peu d’argent de poche.
«Je m’étais créé une micro-entreprise de tourisme, explique M. Gallon. Je travaillais avec deux ou trois hôtels. J’emmenais les gens visiter la ville de Bogota, les marchés et les boutiques de jus.»
Ces visites l’auront finalement amené beaucoup plus loin que Bogota.
«Les touristes me disaient qu’ils ne connaissaient pas certains fruits, comme la guanabana ou le lulo, se rappelle le président de Caribbean Juice. Cela m’a d’abord étonné, puis une petite recherche m’a permis de comprendre que les compagnies à l’étranger n’étaient pas prêtes à faire les efforts de marketing nécessaires pour faire découvrir de nouveaux fruits.»
Caribbean Juice était dès lors en voie de réalisation.
Des hauts et des bas
Bien décidé à lancer une entreprise, Felipe Gallon a choisi, en 1999, de s’installer à Montréal afin de poursuivre des études en entrepreneurship à HEC.
«J’avais comme projet de créer des jus, précise-t-il. Je faisais venir de la purée de fruits exotiques et je produisais des jus que je faisais goûter pour déterminer si c’était trop sucré ou pas assez, trop épais ou trop liquide. J’ai tanné les étudiants à l’université pendant deux ans!» En fin de projet, Felipe Gallon a décidé de tester ses produits aux Fêtes gourmandes de Montréal.
«Je me suis payé un stand pour deux semaines qui m’a coûté environ 15 000 $, une fortune, raconte-t-il. J’ai fait ça comme un test. Je me suis dit, si ça marche, je vais couvrir mes frais. Sinon, ça m’aura coûté beaucoup moins cher que de lancer une entreprise. J’ai finalement vendu plus de 6?000 jus.»
Satisfait de ce résultat, M. Gallon a investi son argent et les quelque 45 000 $ de bourses accumulés et s’est lancé, en 2001, dans l’embouteillage de ses jus. Les choses ont toutefois rapidement mal tourné.
«Après trois mois, j’ai commencé à recevoir des appels de gens qui me disaient qu’ils avaient bu mes jus et qu’ils étaient maintenant malades», indique l’entrepreneur.
Après avoir analysé tous ses jus, Felipe Gallon a dû se rendre à l’évidence : les Québécois n’étaient simplement pas habitués à boire des jus contenant une aussi importante concentration de fruits.
Nouveau départ
Après avoir récupéré les 100?000 bouteilles de jus Caribbean Juice sur le marché, Felipe Gallon a décidé de transformer leur contenu en sorbet. «On a refait une recette et on a commencé à vendre les sorbets dans des restaurants, explique-t-il. Les gens nous demandaient s’ils pouvaient les acheter à l’épicerie, mais j’avais eu une mauvaise expérience avec les jus et je n’étais pas intéressé.»
L’insistance des clients aura toutefois convaincu Felipe Gallon de tenter l’expérience une autre fois.
«Pour les jus, j’avais investi beaucoup d’argent sur l’emballage. Cette fois, j’ai seulement pris des plats en plastique transparent sur lesquels je collais des étiquettes que j’imprimais sur mon imprimante. Je me suis dit que ça allait fonctionner comme ça ou pas du tout.»
Et ça a fonctionné. Six ans plus tard, Carribean Juice et ses sorbets Solo fruit sont en pleine expansion. Distribués partout au Canada, les sorbets pourraient également se retrouver aux États-Unis au cours des prochains mois.