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Michel Venne, rédacteur en chef invité

Photo: Yves Provencher/Métro

À quelques jours de l’École d’été de l’Institut du Nouveau Monde (INM), le directeur de l’INM Michel Venne est aujourd’hui notre rédacteur en chef invité. En plus de commenter les nouvelles, M. Venne a écrit un texte sur les suites de la grève étudiante.

Montréal a besoin de beaucoup de choses, mais la première priorité n’est certainement pas une réforme de structures imposée de Québec. On apprend à vivre avec les structures qu’on a. Son avenir ne peut pas non plus être décidé par diktats. Il doit l’être par la mobilisation des acteurs. Montréal, à cet égard, est sur la bonne voie. On vient de s’entendre, après consultation, sur un Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) visionnaire qui inclut les questions de transport. Le Plan de développement de Montréal (PDM) fait l’objet de consultations. Il faut tabler là-dessus. Surtout, Montréal ne doit pas être victime des guerres électorales flirtant avec la banlieue. Non à l’improvisation.

Tout le monde l’appelle Léo. Une familiarité s’est installée entre lui et nous. C’était le «doux» du trio d’enfer qui a fait réfléchir et réagir tout le Québec le printemps dernier. On se souvient de son intervention dans la rue, à Québec, appelant les manifestants à rester calmes et les policiers à laisser faire. Les policiers ont quand même arrêté les manifestants. Lui, Léo, est resté optimiste. Il croit à la conciliation, au dialogue et à la concertation. On peut le comprendre. Le Québec s’est bâti dans la concertation, les sommets, la coopération. Nous sommes réputés pour ne pas aimer la chicane. Si on se reconnaît en lui, c’est parce qu’il est un peu comme nous. Dans cette entrevue, il n’en veut même pas à Jean Charest. Il aimerait converser avec lui. Comprendre. Il a rencontré le maire Vaillancourt. N’a rien eu à redire. Il sait pourtant que les rapports de force sont au cœur des décisions politiques. Il a subi le mépris, l’arrogance du pouvoir. Il sait ce qu’il faut d’énergie pour imposer une idée. Il devra se battre, se salir un peu. On lui sait gré, pour l’instant, d’incarner en partie notre espoir.

Encore! Et pourtant, aux États-Unis, c’est banal. On dit que, chaque année, chez nos voisins du sud, environ 100 000 personnes sont blessées par balle. C’est près de 300 par jour. Le tiers d’entre elles en meurt. La moitié à l’occasion d’un homicide, la moitié par suicide. Quelques centaines par accident. Contrairement à ce qu’on croit, il existe au pays de Barack Obama des lois qui régissent la possession des armes à feu. La Loi Brady, adoptée sous Bill Clinton en 1993, limite la détention d’armes à feu par d’anciens criminels et impose un examen des antécédents psychiatriques et judiciaires au moment de l’achat d’une arme neuve. Certains États réglementent aussi ce secteur. Malgré cela, la possession d’une arme est chose courante. Au moins 200 millions d’Américains en ont une.  Le deuxième amendement de la Constitution du pays leur en reconnaît le droit fondamental au nom de la liberté. La culture pro-arme est profondément ancrée. Mais, au-delà, il y a l’attitude. Un fonctionnaire vient vous annoncer une décision.  Bang! Coup de feu. Sans arme, c’eût été un coup de poing. N’y a-t-il pas de dialogue possible?

La culture, c’est politique. Par elle, au moyen du cinéma par exemple, on évoque, on critique ou on approuve un mode de vie, on encourage des comportements. On peut banaliser la violence ou la dénoncer. La culture est politique aussi en raison des liens que les artistes entretiennent avec les débats d’actualité. Partout dans le monde, y compris chez nous, les artistes sont les porte-parole de causes diverses. Edgerton, lui, préfère s’en abstenir. On pourrait saluer son devoir de réserve. Cela dit, même si l’artiste n’est pas expert en tout, c’est un capteur et un relayeur du sentiment populaire; c’est le critique du système dans lequel nous sommes. Il ouvre des perspectives et des horizons.

On aurait tellement voulu voir Alexandra Wozniak en finale. Elle a bien baggaré, samedi, contre sa presque homonyme adversaire danoise. Caroline a été plus constante que la Québécoise qui a raté quelques occasions. On aurait aimé, aussi, voir Sharapova sur place. Les désistements paraissent toujours mal. Ce sera pour une prochaine fois. Et la pluie s’en est mêlé. Mais rien de tout cela n’enlèver à la Coupe Rogers ce qui la caractérise : c’est un des événements sportifs professionnels les plus plaisants de Montréal. Le public est connaisseur. S’il a ses préféré(e)s, il joue fairplay avec tous les joueurs. L’accueil est convivial. Le cadre absolument fabuleux, dans ce parc Jarry mature et superbement aménagé. L’organisation, d’un professionnalisme de haut niveau. Montréal sait faire et sait recevoir.

Michel Venne signe aussi un texte intitulé La politique étudiante

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