Canadian Satellite Design Challenge: un cube dans l'espace
N’avez-vous jamais rêvé d’envoyer quelque chose dans l’espace? C’est la question épineuse sur laquelle planchent une trentaine d’élèves de l’association Space Concordia. En effet, dans le cadre du concours Canadian Satellite Design Challenge, ils construisent un petit satellite et cherchent un objet à mettre à l’intérieur avant de l’envoyer en orbite.
La brillante équipe a mis en ébullition toutes ses cellules grises afin de concevoir un CubeSat de 10 cm de côté, soit un minisatellite. Alors qu’ils ont amorcé la phase de design dudit objet, les 28 étudiants, provenant de différents départements de l’Université Concordia, mais tous passionnés par l’espace, et un professeur, Dr Scott Gleason, font appel au vote de tous pour déterminer l’idée la plus lumineuse à envoyer dans les étoiles.
«Actuellement, on est dans la phase où on cherche ce qu’on va mettre à l’intérieur du satellite, la charge utile, explique Nick Sweet, un des participants au projet. On demande à des entreprises dans l’industrie et à des professeurs des idées d’objet à envoyer dans l’espace. Il y a tellement d’idées intéressantes et réalisables que c’est difficile de choisir.» Pour l’instant, les deux idées les plus populaires sont : la mesure des changements de la ceinture Van Allen étant donné qu’il y a eu de récents changements du champ géomagnétique et la mesure du mouvement du champ magnétique de la Terre.
Près de 100 personnes sont invitées à voter sur le site internet de l’association pour déterminer quel projet serait le plus intéressant à envoyer dans l’espace. Chaque idée doit respecter cinq critères : innovation, puissance, coût, taille et intérêt.
Au total, 15 universités canadiennes participent à ce projet dont deux québécoises (l’Université Laval et l’Université Concordia). La date du lancement du CubeSat en orbite autour de la Terre est prévue pour octobre 2012, avant cela les candidats doivent soumettre leur satellite à différents tests. «Pour que le projet soit envoyé dans l’espace, il faut qu’il soit validé à chaque étape du concours, précise l’étudiant en deuxième année de génie informatique. On doit le soumettre à des essais, entre autres pour voir s’il supporterait les vibrations dans la fusée, au moment du lancement.» Actuellement, l’équipe est dans la phase de design du cube. En août de cette année, chaque équipe fera la première démonstration de son satellite dans le Preliminary Design Review.
«Si on passe cette étape,en 2012, on passe à l’étape suivante, le Critical Design Review, pour voir si notre projet résiste à toutes les vibrations», détaille Nick Sweet. Si le projet de l’Université Concordia passe cette étape, le groupe entamera la fabrication du CubeSat. «À l’été 2012, on passera le test Environemental Testing, qui consiste à soumettre le CubeSat aux variations de températures et à faire une simulation de situation dans l’espace.»
Au-delà de l’envoi d’un cube dans l’espace, l’expérience est un sacré plus pour les 28 étudiants de l’association. «Au coursd’un entretien d’embauche, dire qu’on a participé à la conception d’un CubeSat qui a été envoyé dans l’espace alors qu’on n’est même pas encore diplômé, ça a un impact positif. Même au niveau de nos études, on acquiert de l’expérience parce qu’on apprend des choses qui ne sont pas dans notre programme.»
L’impact scientifique pour le Québec est important. «Il n’y a jamais eu de CubeSat venant du Québec», conclut Nick Sweet.
Pour voter ou proposer une idée jusqu’à la fin du mois d’avril : spaceconcordia.uservoice.com
Pour plus de renseignements : spaceconcordia.ca