Soutenez

Sous-financées, nos universités?

Photo: Denis Beaumont/Métro

Une dizaine de panélistes invités par la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) pour son Sommet sur l’avenir des universités se sont confrontés jeudi sur la question du financement des universités afin d’entrevoir un «après printemps érable».

Les multiples exemples de gaspillage et de mauvaise utilisation des fonds universitaires ont soulevé plus d’une question, au printemps dernier, sur le financement de nos universités.

L’université publique et le financement, tel était donc le thème du débat auquel ont entre autres participé Françoise David, élue de Québec solidaire, Luc Godbout, professeur à l’Université de Sherbrooke, Gabriel Nadeau-Dubois, ancien porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Martine Desjardins, présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et Daniel Zizian, PDG de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ).

Alors que M. Zizian a insisté sur le fait qu’il était nécessaire de réinvestir dans nos universités, Martine Desjardins et Gabriel Nadeau-Dubois ont remis en question d’une seule voix l’existence même de ce sous-financement.

«L’opinion publique a été séduite par le discours du sous-financement, a affirmé l’ancien leader de la CLASSE. Mais le fait de répéter quelque chose à outrance n’est pas un argument en soi. J’adhère plutôt à la thèse du mal financement.»

La députée de Gouin, Françoise David, considère que le débat est toujours ouvert sur ce sur point, et elle réclame les chiffres relatifs au financement des universités.

Une chose est sûre, selon elle, il reste beaucoup de ménage à faire en ce qui concerne où va l’argent attribué aux universités.

«Je suis toujours sidérée de lire qu’un recteur d’université qui gagne 1 M$ par année affirme qu’il est nécessaire d’augmenter les droits de scolarité pour financer davantage le manque à gagner des universités», a-t-elle lancé.

«Je comprends que certains aient nié le sous-financement dans le contexte d’une hausse des droits de scolarité, a renchéri Daniel Zizian. Mais il est clair que c’est un réel problème, des études documentées le prouvent.»

Le PDG de la CRÉPUQ a notamment cité des exemple d’études ayant été réalisées par la CRÉPUQ, par le ministère des Finances et par le centre de recherche CIRANO.

L’économiste Louis Gill, professeur retraité de l’UQAM, a pour sa part revendiqué une embauche massive de professeurs, puisque la recherche dans les universités québécoises souffre gravement d’un déficit chronique de 1 000 professeurs, selon lui.

La gratuité scolaire a refait surface comme piste de solution, notamment amenée par Françoise David. Comme son parti le prévoit, il serait possible d’y arriver en taxant le capital des entreprises financières, a-t-elle souligné.

Réflexion sur l’éducation: «La lutte n’est pas terminée!»
Les mouvements de réflexion sur l’éducation continuent d’affluer, alors que le Sommet sur l’éducation supérieure promis par le Parti québécois est imminent.

Les profs contre la hausse (PCLH) organisent les Journées de l’éducation, qui auront lieu vendredi et samedi à l’UQAM, au local DS-R510.

«L’objectif est de permettre à la société civile, aux enseignants, aux gens de tous horizons qui sont impliqués dans la lutte étudiante d’apporter une réflexion, parce qu’on a beaucoup critiqué le système d’éducation actuel, mais maintenant, il est temps de mettre de l’avant des initiatives, et on veut s’assurer d’avoir notre voix au chapitre», explique Rafaëlle Sinave, enseignante en travail social au cégep de Saint-Jérôme et membre de PCLH.

«La lutte n’est pas terminée, et au contraire, on tombe dans une phase très riche et très stimulante», ajoute-t-elle.

Une conférence d’ouverture donnée conjointement par Guy Rocher, sociologue et membre de la Commission Parent, et Martine Desjardins, présidente de la FEUQ, lancera le bal vendredi soir. Des tables rondes et des ateliers auront lieu par la suite samedi. La programmation de l’événement, gratuit et ouvert au public, est disponible ici.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.