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Les Têtes Raides n'en font qu'à leur tête

Jessica Émond-Ferrat - Métro

Si le groupe Têtes Raides continue à faire de la musique, une trentaine d’années après sa création, c’est sans doute parce qu’il en a toujours fait à sa tête, croit son leader, Christian Olivier. «On ne regarde pas trop les modes, on est un peu en dehors de tout ça, explique ce dernier quand on lui demande le secret de la longévité de la formation française. Pour faire de la musique intéressante, il faut se nourrir de tout ce qu’on peut, être curieux et perméable à tout un tas de choses, que ça soit dans le domaine artistique ou dans la vie quotidienne.»

C’est d’ailleurs ce qu’a fait Christian Olivier – qui signe les paroles et la musique – au cours des trois dernières années. Une pause qui lui a permis de se ressourcer et de pondre L’an demain. «Un 11e album, c’est un peu le début d’un nouveau cycle», dit-il.

Sur ses derniers opus,  le musicien avait écrit des chansons très engagées. Pour ce nouveau départ, il a plutôt livré des textes plus personnels, jouant avec les mots et revenant à la poésie très forte qui avait d’abord fait la renommée des Têtes Raides. 

«J’ai une écriture qui est très brute, je ne me pose pas de questions à savoir de quel sujet je veux parler, ou si je veux être moins politisé, dit-il. J’écris sur ce que je porte en moi, que j’ai « digéré » et que je laisse sortir. Et cette fois, j’ai eu envie de revenir à  l’émotion, de retrouver la musique des mots.»

L’engagement social n’a néanmoins pas totalement disparu des pièces d’Olivier. On pense notamment à Je voudrais, dont le texte, écrit par un auteur anonyme – un présumé itinérant – a été laissé sur le répondeur de l’émission Là-bas si j’y suis, sur France Inter, il y a quatre ans. Christian Olivier, qui avait écouté l’émission, en avait été profondément bouleversé. «Je suis retombé sur le texte quelques années après, et il m’a refait le même effet, se souvient-il. C’est un cri, cette chanson. On est dans une période où le problème du logement, des gens qui sont à la rue, n’est pas réglé; il s’est même aggravé. Chanter cette pièce, c’était une manière d’aborder le sujet.»

Avec un titre comme L’an demain, on se doute que Têtes Raides se projette dans l’avenir. «Depuis le début, on sait qu’on est là pour durer, dit Christian Olivier. Il y a quelque chose de profond dans ce qu’on veut raconter, notre lien avec le public… C’est la passion d’une vie, tout ça.»

Avec Jeanne Moreau

Dans la chanson Emma, on reconnaît la voix rauque de Jeanne Moreau, qu’on n’avait pas entendue chanter depuis long­temps. Un vieux rêve, pour Christian Olivier?

«Pas forcément, dit-il. Mais à partir du moment où ça m’a traversé l’esprit, pendant que je réécoutais la maquette d’Emma, c’est devenu une envie très forte. Je lui ai envoyé la chanson, et elle m’a appelé trois jours après en me disant qu’elle était partante pour l’aventure. C’était magnifique; ce genre de rencontre, c’est toujours très intense.» Un rêve que caresse le chanteur, maintenant : «Collaborer avec Tom Waits!»

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