Christine Fréchette se prépare à une mission à Washington
La première ministre Christine Fréchette a rencontré des représentants du milieu des affaires à Montréal vendredi, en amont de sa mission économique à Washington lundi. Elle se prépare à tisser des liens avec les Américains pour se préparer à la renégociation de l’ACÉUM, dit-elle.
Des présidents et vice-présidents de La Caisse et du Conseil du patronat aux représentants des chambres de commerces et des agriculteurs, le gratin économique s’est mis à la table avec Mme Fréchette et son nouveau ministre de l’Économie, Bernard Drainville. Tous espèrent limiter les dégâts lors de la renégociation à venir de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique.
«Hécatombe» évitée
Mme Fréchette a tenu à souligner leur résilience depuis le retour au pouvoir de Donald Trump et la guerre tarifaire qu’il a déclarée contre ses principaux partenaires économiques.
«Si on se reporte à l’an dernier, on était dans une situation où la guerre tarifaire commençait. Et moi, personnellement, je craignais une hécatombe. Une hécatombe au niveau des emplois», a-t-elle lancé.
Finalement, l’hécatombe n’a pas eu lieu et le marché de l’emploi, dans son ensemble, a plutôt bien résisté aux tarifs. Même si certaines industries continuent d’en pâtir.
«Avec leur approche, avec leur attitude, je pense qu’on va pouvoir sortir de cet épisode plus forts», a-t-elle ajouté.
Réorienter l’approche américaine
Christine Fréchette dit vouloir «réorienter l’approche américaine» avec sa mission à Washington. Elle souhaite tisser des liens personnels de l’autre côté de la frontière pour améliorer l’impact du Québec.
N’empêche, celui qui aura le dernier mot est l’imprévisible Donald Trump.
«Je pense que c’est important que les gens aux États-Unis qui ont des rôles décisionnels entendent nos messages», réplique-t-elle, questionnée sur la personnalité du président. «Qu’on leur rappelle l’importance de nos relations économiques, et que des acteurs américains portent d’eux-mêmes des messages qui s’apparentent au nôtre, qui s’inscrivent dans la même orientation. […] Oui, au niveau du président, le message peut être maintenu, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas des discussions derrière des portes closes pour réorienter les actions du président sur le plan économique.»
Mme Fréchette espère créer des alliances pour avoir des «relayeurs» des intérêts du Québec aux États-Unis.
La première ministre quittera le Québec lundi. Les négociations entourant l’ACÉUM doivent reprendre au mois de juillet.