Le DGEQ cherche à limiter le financement occulte
Le Directeur général des élections (DGEQ) aimerait que le gouvernement du Québec revoie les règles de financement des partis politiques, entre autres recommandations publiées jeudi.
S’il a gain de cause, le DGEQ aimerait limiter à 20$ les contributions versées aux partis en argent comptant.
À l’heure actuelle, les dons en espèces sont limités à 50$ au niveau provincial et à 100$ au municipal.
Pour Carl Charest, porte-parole du DGEQ, il est question de dissuader le financement occulte. «Les partis doivent remettre un reçu, mais l’argent ne laisse aucune trace véritable. Limiter ces dons à 20$ serait une manière de lutter contre les systèmes de prête-nom», a-t-il fait valoir par téléphone, jeudi.
[pullquote]
La professeure et spécialiste en finance et gestion municipale de l’UQAM, Danielle Pillette irait plus loin. «Limiter les dons en argent comptant à 20$, c’est un pas dans la bonne direction, pense-t-elle. Il serait par contre préférable d’établir un plafond par candidat de dons en espèces. Comme nous l’avons vu, dernièrement, c’est l’argent comptant qui a causé des problèmes.»
Dans la même optique de lutter aux prête-noms, le DGEQ propose aussi de retirer aux propriétaires le droit de faire des dons aux partis politiques de la ville où se trouve leur immeuble, s’ils n’y demeurent pas.
«Il y a des scénarios où on voit un édifice à bureaux qui est la propriété de 50 associés. Sous les règles actuelles, ils peuvent tous donner de l’argent à un parti. Cela encourage le financement sectoriel», a illustré M. Charest.
D’après M. Charest, le financement sectoriel est particulièrement fertile aux stratégies de prête-noms, où les contributions aux partis des employés sont remboursées par l’entreprise.