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La construction passe en deuxième vitesse

Dans l’ombre de la crise immobilière qui affecte nos voisins du sud et d’une crise pétrolière persistante, la construction semble tenir le coup au Québec, du moins pour le moment. Richard Darveau, directeur général de l’Association des détaillants de matériaux de construction du Québec (ADMACQ), se fait rassurant, malgré la hausse des coûts des matériaux enregistrée depuis quelques mois.

«Il est certain que depuis environ six mois, tous les matériaux pesants ainsi que ceux qui sont faits à base de pétrole, comme le bardeau d’asphalte, coûtent plus cher, confirme-t-il. Juste pour le transport, le prix a doublé. Mais les prix ne peuvent pas trop augmenter, sinon les articles resteront sur les tablettes. Et jusqu’à maintenant, les consommateurs n’ont pas subi de hausse de prix démesurée.»

Pour éviter de faire payer la note aux consommateurs, les détaillants, en collaboration avec l’ADMACQ, se font ingénieux. Réduction d’énergie, livraisons limitées et moins fréquentes, économies d’éclairage et diminution des heures d’ouverture aident ces détaillants à diminuer leurs coûts d’opération afin de rattraper le profit perdu en raison de la hausse des prix des matériaux.

«Les détaillants doivent se serrer la ceinture pour ne pas voir leurs revenus diminuer. Parce que s’ils augmentent trop leurs prix, les consommateurs n’achèteront pas les matériaux et remettront leurs travaux à plus tard, ce qui est loin d’avantager les commerçants», explique M. Darveau.

Conjoncture moins favorable

Bien que le coût des matériaux semble être demeuré relativement stable, celui des maisons neuves a, lui, considérablement augmenté en 2008. Selon Esther Falardeau, économiste principale pour l’Association provinciale des constructeurs d’habitations du Québec (APCHQ), cette hausse était à prévoir depuis un bon moment déjà et ne semble pas attribuable à la situation économique actuelle ni à la hausse du prix pétrole.

«En construction, dans la dernière année, il y a eu des augmentations importantes dont plusieurs étaient préprogrammées, notamment le coût de la main-d’Å“uvre et celui de l’électricité, qui croissent chaque année. Là où les augmentations se font le plus sentir ces temps-ci, c’est dans le développement de nouveaux réseaux électriques. En 2009, ces
augmentations pourraient aller, dans certains cas, jusqu’à 18 %.»

Depuis les années 2000, la conjoncture, qui était très favorable, laissait présager une baisse de régime. Selon Mme Falardeau, la baisse de cette année ramène le marché au niveau des besoins réels, contrairement aux dernières années où il se construisait plus d’habitations que nécessaire. C’est ainsi que l’on note, depuis le mois de juin, une chute d’environ 10 % des mises en chantier par rapport à la même période l’an passé. Et selon les estimations de la Société canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL), en 2009, les mises en chantier devraient légèrement chuter, mais demeurer tout de même nombreuses.

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