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Mise en forme : le kung-fu à l'étude

Laura Dannen - Metro World News à Londres

Cinque Terre, Italie. Le soleil matinal qui surplombe le versant aux contours déchiquetés n’est pas encore insoutenable. En tout cas, ce n’est rien comparativement à l’ascension des 280 marches qui mènent au sommet de la colline. Toutefois, cette grimpée représente simplement un exercice d’échauffement, le coup d’envolée de huit heures de méditation, d’entraînement et d’apprentissage, pour les adeptes de kung-fu qui se sont rassemblés sur la Riviera italienne afin de faire une retraite.

Pendant sept jours, la routine se poursuit : ils gravissent et dévalent les marches. Ils sont récompensés de leurs efforts par une vue incomparable sur la mer au-dessous, les montagnes à l’horizon, les villages qui parsèment le littoral et un ancien monastère à l’orée d’une clairière. Cet endroit a été choisi parce qu’il reconstitue l’ambiance d’un temple, d’après Alexis Frasz, membre de l’équipe d’entraîneurs adjoints et ceinture noire premier dan. Y a-t-il une meilleure façon d’étudier l’une des plus vieilles disciplines de l’art martial chinois?   

De plus en plus populaire
En partie grâce au panda d’un film d’animation, le kung-fu est de plus en plus accessible ces derniers temps. Ce n’est plus seulement le truc des films d’action qui mettent en vedette des types qui jouent les Bruce Lee. Partout sur la planète, on offre des cours de kung-fu, parallèlement au yoga et au taï-chi, dans des temples et à flanc de coteau, dans le cadre d’un programme complet de mieux-être. Le New York City Chinese Shao-Lin Center, qui a organisé la retraite en Italie, s’enorgueillit de compter parmi ses membres des élèves d’une école maternelle de transition.

Ne sachant pas trop s’ils doivent l’appeler un sport ou un art, les apprenants soulignent que le kung-fu n’est pas qu’une séance d’entraînement, mais plutôt un apprentissage de la force mentale et physique qui allie à la fois l’autodéfense et la connaissance de soi, comme en témoigne le message laissé par Jason sur le site web du centre : «J’ai découvert que le kung-fu est une combinaison stimulante de discipline, de danse, d’entraînement militaire, de gymnastique et d’effort autonome.»  

«Le kung-fu ressemble davantage à un passe-temps, explique Mme Frasz, une New-Yorkaise de 28 ans. L’art en lui-même se transmet par l’enseignement, un enseignement physique en particulier, et nécessite de longues années d’apprentissage… Le kung-fu devient un mode de vie et une communauté pour les adeptes.»

Mme Frasz parle d’expérience. Elle s’est inscrite à un cours de kung-fu par caprice lorsqu’elle a su que le New York City Chinese Shao-lin Center offrait gratuitement des cours pendant un mois. Trois ans et demi plus tard, elle est ceinture noire premier dan. Elle enseigne et continue à s’entraîner avec son mentor, Thad Wong.

L’affine­ment de son acuité mentale compte parmi les changements les plus frappants qu’elle a observés au cours de son entraînement (par ailleurs, elle s’exerce quotidiennement). «Ma mémoire s’améliorait, affirme-t-elle au sujet de l’étude des différents mouvements et du vocabulaire connexe. C’est comme apprendre une nouvelle langue, ou presque.» 

Même si l’engagement en décourage quelques-uns, la récompense est sans borne, d’après Mark, un autre membre du centre. «Par opposition à un abonnement au gym, c’est une formation dans une discipline qui a plus de 1 000 ans. En fait, nous assurons la pérennité de quelque chose d’important, et nous en tirons un grand sentiment de fierté.» 

Le New York City Chinese Shao-Lin Center organisera une autre retraite de kung-fu au Mexique en janvier 2010.
www.newyorkshaolin.com

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