Marteau frappe sur Accurso et le maire Marcotte
Quatorze mois après sa formation, l’Unité permanente anticorruption frappe enfin.
Mardi, près de 120 policiers de la Sûreté du Québec ont arrêté 14 personnes sur la Rive-Nord de Montréal pour des cas de corruption dans le monde municipal. Des individus de haut calibre sont ainsi tombés dans les filets de l’escouade Marteau. Il s’agit de l’homme d’affaires Tony Accurso, de l’entrepreneur Normand Trudel et du maire de Mascouche, Richard Marcotte. Ce dernier étant à Cuba, il n’a pu être appréhendé, mais fait l’objet d’un mandat d’arrestation.
Les chefs d’accusation vont de la fraude, à la corruption, en passant par l’abus de confiance. Plusieurs contrats ont été octroyés de façon frauduleuse contre des cadeaux en argent, dont l’ampleur n’a pas été dévoilée.
Parmi les autres personnes arrêtées figurent notamment l’ancien directeur général de la ville de Mascouche, deux représentants de firmes d’ingénierie, un promoteur immobilier et un collecteur de fonds du Parti libéral. Ils ont tous été libérés sous promesse de comparaître. Deux entreprises ont aussi été épinglées: la firme d’ingénierie BPR Triax et l’entreprise de construction Transport et Excavation Mascouche.
«L’UPAC lance un signal clair que personne n’est à l’abri dans la lutte contre la corruption», se félicite Robert Lafrenière, responsable de l’UPAC. Son organisation n’avait jusqu’ici pas été épargnée par les critiques qui craignaient que les gros noms passent entre les mailles du filet.
Ces arrestations sont le fruit d’un an et demi d’enquête. «Elle a été initiée en octobre 2010 par deux personnes qui avaient des informations à transmettre», a indiqué l’inspecteur Denis Morin, responsable du Service des enquêtes de l’escouade Marteau. En tout, près de 120 témoins on été interrogés.
«Enfin!» «Soulagement.», «Grosses prises.» Les qualificatifs positifs ont afflué de la part des partis qui siègent à l’Assemblée nationale. Mais selon Amir Khadir, il ne faut pas que l’opération cache «l’arbre qui cache la forêt». Parmi les personnes arrêtées figurent plusieurs gros contributeurs aux caisses du Parti libéral et du Parti québécois. Selon l’élu de Québec Solidaire, ces partis n’ont toujours pas complètement corrigé le tir en terme de financement occulte.
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