Vivre pour aider son prochain
« Ce que je vais vous dire est difficile à croire, mais faire du bien aux autres me fait du bien à moi », explique Dave.
Le duo dépense environ 2500 $ par mois pour arriver à répondre à la forte demande de gens en quête de nourriture à Montréal. L’argent utilisée pour préparer les repas provient du revenu personnel de la famille, c’est-à-dire de la pension de Mme Shink, une directrice d’école retraitée et des prestations d’invalidité de Dave.
Miracle après miracle
C’est un ensemble de circonstances les unes les plus incroyables que les autres qui ont motivé cette famille à s’investir à temps plein dans la distribution de nourriture.
Mme Shink et son fils se sont retrouvés en 2003 après plusieurs années sans avoir eu contact.
« À l’époque j’habitais à Toronto quand Dave m’a appelée. J’ai laissé ma vie là-bas et je suis revenue pour être avec lui. J’avais des choses à lui raconter et nous avions du temps à rattraper ensemble », confie la mère atteinte de fibromyalgie, d’artériosclérose et ayant déjà subi une opération à cœur ouvert,
À son retour Mme Shink était loin de se douter que son fils était également gravement malade. « J’ai été diagnostiqué avec la sclérose en plaques, j’avais un cancer au poumon et je souffrais de vomissements chroniques. Selon les médecins, il n’y avait pas grand-chose à faire et il me restait peu de temps à vivre. »
Dix ans après, avec une jambe amputée, Dave est toujours en vie et selon lui, plus en forme que jamais. Quand le climat le permet, il parcourt à vélo les 40 km aller-retour qui séparent Pointe-aux-Trembles du centre-ville de Montréal, où il distribue ses wraps.
« Quand les médecins m’ont annoncé ma mort imminente, ma vie a changé, dit-il. Je me rappelle leur avoir dit qu’ils ne me reverraient plus jamais à l’hôpital et c’est que j’ai fait. Je ne suis jamais retourné les voir et je vais beaucoup mieux. »
Selon lui, ce sont les gestes de générosité et de voir la joie et la reconnaissance des personnes qu’il aide qui le maintiennent en vie.
« J’ai été témoin de tout ce que cela a apporté à mon fils et à quel point cela a changé sa vie, explique Mme Shink. J’ai décidé de l’aider et je vais également mieux depuis que nous aidons les gens autour de nous », dit-elle.
Des bénévoles à part entière
En plus d’investir des nombreuses heures à l’achat des ingrédients et la préparation des repas, Mme Shink et Dave font du bénévolat à la Maison du Père, un refuge pour les hommes sans-abris de 25 ans et plus.
« Ce sont des gens extraordinaires, soutient Manon Dubois, directrice du développement de l’organisme. Le temps et l’amour qu’ils offrent aux gens dans le besoin fait une différence dans la vie de ces personnes, et on le voit. »
Mme Dubois indique que mère et fils sont très appréciés par la communauté de sans-abris qui sont conscients des efforts et du temps investi par la famille quotidiennement.
« Chaque année nous soulignons le travail des bénévoles. Cette année, nous avons fait une mention spéciale à Mme Shinks et Dave et ils ont eu droit à toute une ovation de la part des gens démunis qui étaient présents à l’événement, alors ça démontre à quel point ils sont aimés et appréciés ici », conclut la directrice.
Des dons peuvent être envoyés à la Maison du Père à l’attention de France Desjardins, directrice générale au 550 boulevard René Levesque Est, H2L 2L3 ou directement à Marie-Paulette Shink au 14 000 rue Prince-Arthur, H1A 3X6.