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Une nouvelle sagesse forgée par l’épreuve du cancer

C’est toujours difficile pour un politicien de retourner à la vie privée après une carrière de service public. L’ancien député de Saint-Laurent et ex-ministre de la sécurité publique Jacques Dupuis a eu une difficulté de plus après son départ en été 2010 : le cancer de la prostate.

Quand le Nouvelles Saint-Laurent l’a rencontré à son bureau de la rue Sherbrooke Ouest au centre-ville de Montréal le mois dernier, il se portait mieux et était de retour au travail comme avocat depuis trois mois.

Le choc

Le métier de politicien est très prenant et il n’est pas rare de voir ceux qui l’exercent de négliger d’autres aspects de leur existence, dont leur santé. Environ un an après son retrait de la vie publique en août 2010, M. Dupuis décide donc de rendre visite à son médecin de famille à Saint-Laurent pour subir un examen le plus complet possible.

Un des tests détecte un taux d’antigène prostatique spécifique (PSA) élevé. D’autres tests s’en suivent et le terrible diagnostic est donné : le cancer.

«Quand ils te confirment que tu as le cancer… Ça renverse. Le mot cancer… Tu as l’impression que ça ne t’arrivera jamais. Pour la première fois de ta vie, tu réalises que la santé, c’est quelque chose qui t’es donné mais qui peut t’être enlevé», a-t-il confié.

M. Dupuis commence alors un traitement de radiothérapie qui dure huit semaines et s’accompagne d’effets secondaires désagréables, le laissant beaucoup trop faible pour travailler. S’ensuit l’hormonothérapie, un traitement qui doit d’échelonner sur un an et demie. Il restait trois mois au traitement lors de sa rencontre avec le Nouvelles Saint-Laurent vers la fin janvier.

Les yeux du coeur

«Aujourd’hui je vois la vie, avec les yeux du cœur. Je suis plus sensible à l’infini, à tout ce qu’il y a à l’intérieur», chantait Gerry Boulet dans «Les yeux du cœur», une ballade chantée en duo avec Marjo et parue sur l’album «Rendez-vous doux» en 1988.

Atteint du cancer, le célèbre «bum» au grand cœur nous laissait savoir qu’il comprenait maintenant que l’essentiel est invisible aux yeux.

Les évènements de la vie de M. Dupuis ont pour lui aussi façonné sa vision des choses. Il œuvre maintenant comme avocat-conseil au cabinet Rochefort & Associés, aidant ses collègues à déterminer une marche à suivre avec les clients. Il mentionne que son expérience comme député fait en sorte qu’il est plus attentif aux émotions des gens qui viennent chercher conseil.

«Quand tu es plus jeune, tu es plus porté à garder tes règles et a marcher en vertu des règles. Étant un peu plus vieux, ayant un peu plus d’expérience, j’essaie de savoir qui j’ai en face de moi et quelles sont ses émotions. Des fois, la personne dit vouloir poursuivre (en cours)… Mais tu découvres dans sa personnalité que ce n’est pas vraiment qu’elle veut. Elle aimerait bien mieux s’entendre avec l’autre partie. J’aime faire ça», avance-t-il.

Lorsqu’on lui demande à quel point l’épreuve de la maladie a accentué la facette humaine de son approche, il fait remarquer qu’une autre épreuve l’avait envoyé dans cette voie il y a bien longtemps déjà.

«Il y a 20 ans, j’ai perdu un enfant qui est décédé d’une maladie. Ça m’a rendu une meilleure personne. Ma maladie aussi m’a fait…», dit-il marquant une courte pause avant de continuer.

«Ces deux évènements là m’ont fait me rebrancher sur moi-même. En te rebranchant sur toi, tu comprends mieux les autres. Tu as le choix dans la vie : devant les tragédies de la vie, tu as le choix de te laisser abattre, d’être défaitiste ou tu peux prendre ça, et le rendre positif. J’essaie toujours de voir le côté positif. Si tu cherches bien, tu vas le trouver. Des fois, c’est juste plus long».

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