Soutenez

La campagne dans Mercier : pas qu'un combat entre souverainistes

Alors que les souverainistes s’entredéchirent dans la circonscription de Mercier, le candidat libéral, Richard Sagala, amorce sa campagne. Son message : les distractions identitaires et référendaires nuisent à la prospérité du Québec.

« Le développement économique, ça devrait être la priorité, voir même l’idée fixe, de tous les gouvernements. Les fausses querelles de charte, qui ne sont que des écrans de fumée, nous font perdre du temps », clame le candidat du PLQ.

Ancien gestionnaire en immobilier, M. Sagala s’est consacré à l’industrie du vin au début des années 2000. Plusieurs diplômes en poche, dont un MBA obtenu à Bordeaux, il a cofondé l’école d’œnologie In Vino Veritas dans le but de développer la filière viticole au Québec.

Ces jours-ci, c’est plutôt le porte-à-porte électoral qui l’occupe. C’est la première fois que M. Sagala tente sa chance en politique active. Tôt lundi matin, assis dans un petit café de l’avenue du Mont-Royal en sirotant un expresso, il raconte ce qui l’a mené à se lancer dans l’arène.

« J’ai un amour profond du Québec en général et du comté de Mercier en particulier. Le caractère tellement émancipé de ce quartier est formidable. »

Alarmé par le réveil du discours référendaire, il se dit également porté par un sentiment d’urgence; un besoin d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

« J’ai l’impression que nous sommes à la croisée des chemins. Le Québec décide de son avenir en ce moment. Je pense que ce qui se passe sur le plan économique depuis les derniers 18 mois est assez catastrophique. On a l’impression que les moteurs s’éteignent et je vois mal comment les jeunes familles peuvent s’imaginer dans ce contexte un avenir rayonnant pour leurs enfants. »

Comme son chef, Philippe Couillard, il martèle que le Québec a perdu 26 000 emplois en février. Une statistique qui ne fait que confirmer à ses yeux la dérive économique de la province sous la gouverne péquiste.

« On parle de 67 000 emplois perdus l’année dernière. Le parti Libéral en a créé plus en subissant l’énorme récession qui a affecté tous les secteurs de l’économie que le parti québécois en a créés durant la période d’expansion des années 90. Moi, quand je vois ça, je me dis que ce ne sont pas les bonnes personnes aux bons endroits. Ce ne sont pas de bons gestionnaires, il faut changer d’équipe. »

Une première depuis 1973 ?

Avant de faire partie de l’équipe des élus du PLQ, M. Sagala devra trouver la façon de gagner la faveur des électeurs. Or, le défi ne sera pas mince.

Le dernier candidat libéral à avoir remporté Mercier lors d’une élection générale n’est nul autre que Robert Bourassa. En 1976, il a été défait par Gérald Godin. Depuis, le comté a pratiquement toujours été représenté par un député souverainiste. Seule Nathalie Rochefort a réussi à créer une brèche lorsqu’elle a remporté l’élection partielle de 2001.

Pis encore, d’élection en élection, les candidats libéraux perdent des plumes. En 2003, la candidate du PLQ avait obtenu 28,6 % des suffrages. Celle de 2012, seulement 13,5 %. Durant cette même période, Amir Khadir, le député sortant, est passé de 29,4 % à 46,7 %.

Pour renverser la vapeur, il dit compter sur le bon jugement des citoyens de Mercier, un électorat, souligne-t-il, bénéficiant d’un taux de diplomation universitaire bien plus élevé que la moyenne.

« Les gens du plateau, je les aime particulièrement parce qu’ils ont un caractère progressif. Épris de justice sociale, ils sont prêts à voter pour des formations politiques alternatives. Mais la redistribution est conséquente à une économie saine qui génère des emplois et des revenus à l’État, plaide M. Sagala. Quand on lit la plateforme économique de Québec Solidaire, il n’y a aucun modèle d’affaires sensé. On dénonce les excès du capitalisme, mais on ne propose rien. Au mieux, c’est fantaisiste, mais c’est surtout irréaliste. Ce n’est certainement pas une base sur laquelle on peut s’appuyer. »

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.