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La violence faite aux hommes est un phénomène bien réel

La violence faite aux hommes est un sujet dont on n’entend pas souvent parler. Le problème est pourtant réel. Des hommes dont la conjointe le rabaisse devant ses proches, brise ce qui lui appartient ou lui donne des coups de pied, ça existe.

Cette réalité est peu connue, peu étudiée et est marginale par rapport à la norme sociale. Les victimes ne savent pas toujours à quelle porte cogner pour recevoir de l’aide. Peu d’organismes viennent en aide à ces hommes.

À Montréal, les cas en contact avec la ligne SOS violence conjugale sont référés au Service d’aide aux conjoints (SAC). Il est le seul organisme à Montréal familier avec ce phénomène. Le SAC offre des services aux hommes en prévention de la violence conjugale «en général». Il existe depuis 1986 et est financé par le programme de soutien aux organismes communautaires du ministère de la Santé et des services sociaux via une enveloppe dans la catégorie autres services pour hommes.

«Le financement n’existe pas au Québec pour un organisme qui vient spécifiquement en aide aux hommes subissant de la violence conjugale, indique Yves C. Nantel, travailleur social et coordonnateur général du SAC. Nous sommes financés en violence conjugale en général.»

À sa création, l’organisme membre de la Table de concertation en violence conjugale de Montréal a dû repositionner certains de ses objectifs. Au départ, le SAC souhaitait intervenir auprès des hommes violents. Finalement, il a ouvert aussi ses portes aux hommes subissant de la violence conjugale.

«On porte le dossier depuis 20 ans, partage M. Nantel. On l’a eu par accident. On ne pouvait pas laisser tomber ça. Il n’y aurait pas eu de service nulle part. Avec les années, on s’est aperçu qu’il y a des travailleurs en CLSC et à la DPJ qui en avait rencontré. Ça nous a confirmé qu’il y avait effectivement une problématique.»

Des outils

Les premières années, les intervenants du Service d’aide aux conjoints vivaient beaucoup de doute sur la véracité des situations. Avec les années, ils ont développé des outils d’évaluation.

«Ces situations peuvent être complexes, mentionne Yves C. Nantel. On tient plusieurs rencontres avant de pouvoir prendre une position. Nos clients considérés comme des hommes subissant de la violence conjugale ont au moins vécu un épisode de violence physique, sinon ils font partie de ceux qui vivent des situations de violence mutuelles.»

Chaque année l’organisme rencontre 10 à 12 hommes subissant de la violence conjugale de façon continue. La clientèle du SAC est représentée par des hommes résidents de Montréal.

Le SAC n’offre pas d’hébergement pour ceux qui voudraient sortir de leur résidence. L’organisme la Maison Oxygène, située dans Hochelaga, offre ce service mais seulement aux hommes ayant des enfants.

SOS violence conjugale, 514 873-9010; Service d’aide aux conjoints, 514 384-6296.

Hommes victimes d’infractions commises dans un contexte conjugal

-Meutre et tentative, 0,58%

-Agression sexuelle, 0,45%

-Voies de fait, 70,82%

-Enlèvement et séquestration, 0,45%

-Harcèlement criminel, 9,69%

-Proférer des menaces, 18,01%

*Touche des hommes âgés de 12 à 70 ans

(Ministère de la Sécurité publique «Statistiques 2006 sur la criminalité commise dans un contexte conjugal au Québec»)

(Autre texte à lire)

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