Deux policiers de Pointe-Claire honorés pour leur sauvetage héroïque
La remise de la Médaille pour action méritoire s’est déroulée à l’École nationale de police du Québec au cours d’une cérémonie qui se tient chaque année à l’occasion de la journée de reconnaissance policière. Pour l’occasion, on a honoré 22 héros québécois provenant de différentes régions. On y remettait également des Croix de bravoure et des Citations d’honneur.
Tôt le matin du 13 octobre 2012, les agents Guillaume Paiement et Éric Pimparé sont appelés à se rendre dans un immeuble à logements de Pointe-Claire, sur les lieux d’une possible tentative de suicide.
Dès qu’ils arrivent près de l’appartement, par la porte entrouverte, les policiers aperçoivent une dame avec une lacération à la gorge qui remet un couteau de cuisine à un homme, son voisin qui a contacté le 911. Les agents décident d’entrer et, immédiatement, la dame hurle et s’enfuit. Sans perdre une seconde, les agents la poursuivent afin de l’empêcher de commettre l’irréparable.
Ils la suivent de près alors qu’elle se dirige vers le balcon et ouvre violemment une porte qui rebondit sur le mur et frappe avec force la tête de l’agent Pimparé. L’agent Paiement, tout juste derrière son collègue, monte sur le balcon pour trouver la femme suspendue à la balustrade, à quatre étages du sol. Alors qu’elle lâche prise, le policier saisit son poignet de justesse et la retient.
La femme se débat, mais l’agent Éric Pimparé, remis du coup reçu, vient rapidement aider son collègue à la remonter sur le balcon puis à la ramener à l’intérieur. Les ambulanciers, déjà sur place, prendront le relais afin de donner les soins requis à la dame.
«Grâce à la rapidité d’action et à la ténacité des agents Paiement et Pimparé, la vie d’une femme désespérée a été sauvée», a indiqué la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault lors de la cérémonie de remise de décorations et citations policières.
Connue des policiers
Selon les policiers décorés, la jeune femme âgée d’environ 25 ans avait des problèmes de consommation de drogue et d’alcool. Elle était connue des policiers également pour des problèmes psychiatriques. La veille de l’intervention, les deux agents avaient transporté la victime chez elle alors qu’elle était en pleurs à l’extérieur de son logement. Après le sauvetage du 13 octobre, ils ne l’ont pas revue. Elle n’habite plus le secteur, ont-ils appris d’une de ses connaissances.
«Quinze minutes après l’intervention, elle ne se souvenait pas de ce qui s’était passé et doutait qu’autant de personnes aient pu se retrouver avec elle sur son balcon chambranlant, a raconté l’agent Guillaume Paiement. Un troisième policier nous a aidés à la remonter. En tout, six policiers étaient sur les lieux.»
«C’est un geste qui peut paraître héroïque, mais on le fait en tout temps, a-t-il souligné. Ça fait partie de notre travail. On s’engage dans la police pour faire la différence et quand ça se termine bien c’est tant mieux. C’est un geste normal. Tous les policiers de notre équipe auraient agi de la même façon.»
Âgé de 30 ans, l’agent Paiement pratique ce métier depuis neuf ans.
Son coéquipier Éric Pimparé apprécie le fait d’avoir reçu ce prix au cours de sa carrière. Âgé de 35 ans, il est dans la profession depuis huit ans.
«Ça fait du bien de recevoir une tape dans le dos et de se faire dire qu’on a fait un bon travail, mentionne-t-il. Trop souvent dans les médias, on voit des cas de brutalité policière. On met l’accent sur des bribes d’une intervention et on tape sur la tête de la police. Mais une intervention comme ça on n’en a pas parlé à personne. C’est notre sergent qui a fait les démarches pour qu’on soit récompensé pour notre geste.»
Piquerie
La propriétaire de l’immeuble de la rue Pardo, Lucie Lajoie a mentionné à Cités Nouvelles que la jeune femme avait effectivement des problèmes de consommation de drogue. «En 2011-2012, j’ai vécu deux années d’enfer. Un de mes locataires opérait une piquerie dans son logement et la jeune femme était une de ses clientes», a-t-elle témoigné.
Elle-même résidente de l’immeuble de la rue Pardo, Mme Lajoie n’était pas présente lors du sauvetage.
Depuis 1972, ce sont 298 Médailles pour action méritoire qui ont été décernées par le ministère de la Sécurité publique.
Afin d’obtenir de l’aide urgente pour soi ou un proche: Suicide Action Montréal, au 514 723-4000. Les intervenants répondent jour et nuit, 7 jours par semaine.