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La fin du RAPLIQ?

Tranchemontagne Daphnée - TC Media
Depuis maintenant trois ans, le Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ) lutte pour défendre les droits des personnes à mobilité réduite. Toutefois, en raison de ressources financières insuffisantes, l’organisme envisage de rendre les armes.

« On est en train de siphonner l’argent de notre compte de banque. Personnellement, j’ai investi près de 17 000 $ dans le RAPLIQ, depuis sa création. Je vis sur mes rentes d’invalidité, et je ne suis plus capable d’allonger [les sommes manquantes]. Quand je vois qu’il reste 148 $ dans le compte, ça me fait peur. Je me demande si je dois mettre la clé dans la porte. Ça me fait de la peine, parce que ça représente trois ans d’investissement », confie Linda Gauthier, présidente de l’organisation et résidente du Plateau.

Même si elle sait que son organisation est loin de faire l’unanimité, elle considère que son apport est essentiel.

« Le milieu associatif, tel qu’il est, entretient des relations incestueuses avec ses bailleurs de fonds, estime Mme Gauthier. C’est le système qui veut ça: on te donne des fonds, tu peux revendiquer, mais tu ne dois pas rentrer dans tel ministère ou tel organisme. Plusieurs [groupes de défense] sont subventionnés par Centraide ou la Ville de Montréal. Tu ne peux pas mordre la main qui te nourrit! Nous, on est un peu comme le mouton noir, pis comme si ce n’était pas assez, on est défrisé en plus! Toutefois, nos revendications sont justes. Pour preuve, on a 61 dossiers devant le Commission des droits de la personne, et ils ont tous été jugés recevables. »

L’argent: le nerf de la guerre

Pour opérer, le RAPLIQ a besoin d’environ 2000 $ par année. Cette somme sert à couvrir les frais fixes.

« Ça permet de payer nos entêtes de lettres, les enveloppes et les timbres. Nos mises en demeure, nous les payons nous-mêmes. Ça coûte environ 10 $, mais on en envoie environ trois par semaine. On n’a pas les moyens de faire payer le RAPLIQ pour ça. Même chose pour la facture de téléphone, c’est moi qui la paie. On se partage les coûts; c’est une autre de nos membres qui a acheté le fax », expose la militante, qui rappelle que tous les membres du regroupement agissent bénévolement.

Une demande de subvention a été déposée auprès du Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales, requête qui a été refusée.

« On savait qu’on ne recevrait pas tout ce qu’on demandait, mais on pensait au moins recevoir 50 000 $. Honnêtement, j’ai trouvé ça dur », confie Mme Gauthier.

Pour renflouer ses coffres, le RAPLIQ, qui ne dispose d’aucune aide gouvernementale, organise donc chaque année un souper spaghetti. Toutefois, le principal commanditaire de l’événement, l’Intermarché Boyer, a annoncé que cette année, il réduirait sa contribution, en raison des nombreuses demandes d’aide qu’il reçoit. Interpellé par les difficultés de l’organisme, le propriétaire de l’établissement, Franck Hénot, a toutefois décidé de trouver une autre façon de lui venir en aide. Ayant une sœur atteinte d’une limitation visuelle, les questions de l’accessibilité universelle et des droits des personnes handicapées le touchent.

Pour ce faire, du 28 mars au 3 avril,, une vaste campagne de financement se tiendra à l’épicerie située au 1000, avenue du Mont-Royal Est. Pour chaque don de 10 $ remis au RAPLIQ, le commerçant remettra une bouteille d’huile d’olive aux clients. Au-delà de la traditionnelle collecte de fonds, il souhaite créer un événement rassembleur permettant de mobiliser la communauté du Plateau. L’argent amassé servira à financer le souper spaghetti et les activités du RAPLIQ.

Pour en savoir plus, on consulte le www.rapliq.org et le https://www.facebook.com/intermarcheboyer . On peut aussi appuyer le RAPLIQ en votant pour Linda Gauthier, dans le cadre du concours Gens de cœur: http://bit.ly/fEzoBH.

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