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Le Montréal-Nord des années 1930

Au début des années 1930, les choses étaient bien différentes d’aujourd’hui, autant pour les travailleurs que pour les chômeurs. Le maire de Montréal-Nord, en cette période, était Aimé Léonard. Maire de 1929 à 1939, il peut se consacrer aux affaires de sa ville. Son statut de cultivateur lui permet de vivre à l’aise.

À cette époque, le chômeur admissible à une compensation financière doit être une personne apte au travail et n’avoir aucune incapacité physique qui l’empêche de travailler;  les handicapés doivent plutôt se prévaloir de la Loi de l’assistance publique. Les «secours directs» s’adressent seulement aux sans-emploi et aux gens sans ressources. La loi provinciale du chômage oblige la famille à subvenir aux besoins de ses enfants majeurs et célibataires, car, au début de la crise, ces derniers et les petits propriétaires sont exclus des programmes d’aide. Une autre condition est imposée aux prestataires: celle de résider, depuis un certain temps, dans les limites de la municipalité.

À la fin des années 1930, le nombre de chômeurs de Montréal-Nord ne fait que grimper. D’une soixantaine qu’il est en janvier, le nombre de chômeurs, dont 50 sont célibataires passent à près de 250 en décembre. Sur une population de 4 933 résidents. Le nombre de chômeurs, chefs de famille, est près de 400. En 1931, la ville de Montréal-Nord reçoit du gouvernement du Québec les premières sommes allouées en vertu de la Loi du chômage. Montréal-Nord obtiendra des allocations pour ses chômeurs sous le regard vigilant de la Commission métropolitaine de Montréal.

En 1934, 159 chefs de famille et 740 personnes à charge sont secourus par la Saint-Vincent-de-Paul. Le chômage évolue si rapidement que, en décembre, 250 chefs de famille et 984 personnes reçoivent les « secours directs ».Une personne sur cinq est dépendante de l’aide municipale et gouvernementale. La Commission du chômage de Montréal-Nord, instituée le 27 juin 1934, relayant la Saint-Vincent-de-Paul, se chargera de la distribution des « secours directs ». Le 27 juillet, E. Vallée, membre de la Commission de chômage, confirme le versement de 11 435.25 $ pour les mois de janvier, février et mars 1934.

Réclamer l’aide gouvernementale sous forme de « secours directs » ou de travaux publics n’est pas la seule solution qu’envisagent le maire et son conseil pour contrer les effets de la crise. Ils tentent aussi d’intéresser les citoyens au mouvement de retour à la terre.  Le 6 mars 1934, les conseillers Drapeau et Bergeron appuient les démarches d’Aimé Beaudry, Pierre Guinard et Gérard Derasp pour mettre sur pied le programme de retour à la terre. Les élus municipaux défendent ce programme. Pour diminuer les effets de la crise économique, Montréal-Nord adopte certaines mesures afin d’éviter d’aggraver la situation financière. Imitant les municipalités voisines, Montréal-Nord resserre les critères d’admissibilité à ses divers programmes d’aide pour contrer le chômage. En 1935, les personnes désireuses de se faire soigner gratuitement doivent, au préalable, obtenir la recommandation d’un médecin et se procurer une carte signée par le maire et le secrétaire-trésorier de la ville.

En 1937, dans le cadre des travaux publics, le pont du boulevard Pie-IX voit le jour. C’est grâce aux démarches du député de Laval et ministre de la Voirie dans le cabinet Duplessis, François-Joseph Leduc, que le pont sera construit. Les chômeurs de Montréal-Nord se plaignent du refus des entrepreneurs du pont de les engager pour exécuter les travaux. Pourtant le chantier à Montréal-Nord requiert déjà 33 travailleurs. Sachant bien qu’ils ne peuvent trouver du travail dans les localités voisines, les chômeurs résidants insistent pour se faire embaucher dans le cadre des travaux du pont Pie-IX. Les travaux de construction du pont forceront certains citoyens, comme la famille Hébert, à abandonner leur maison. En mai 1938, les Hébert verront leur maison être démolie, avant même que les modalités d’expropriation ne soient complétées, pour faire placer au pont qu’on désigne officiellement le nom de Le Caron.

François-Joseph Leduc est né à Saint-Benoît (Mirabel), le 21 novembre 1895, fils d’Apollinaire Leduc, épicier, et de Clara Mary Holland. Échevin d’Ahuntsic au conseil municipal de Montréal du 9 avril 1934 au 28 août 1936. Élu député conservateur dans Laval en 1935. Élu député de l’Union nationale en 1936. Ministre de la Voirie dans le cabinet Duplessis du 26 août 1936 au 7 juillet 1938, date où il en fut expulsé. Siégea du côté de l’opposition en Chambre à partir du 18 janvier 1939. Réélu sous la bannière libérale en 1939 et en 1944. Défait en 1948. Décédé à Outremont, le 8 février 1985, à l’âge de 89 ans et 2 mois. Inhumé à Montréal, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, le 11 février 1985.

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