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André Morrow nie avoir présenté une fausse facture

Vigneault Pierre - TC Media

Jeudi dernier, dans le cadre de la commission Charbonneau, le président de Morrow Communications, André Morrow a formellement nié avoir facturé 75 000$ à SNC-Lavalin pour des services rendus à Union Montréal. La présence de M. Morrow devant les commissaires a surpris plusieurs observateurs, car la veille, Me Denis Gallant avait annoncé qu’il allait poursuivre l’interrogatoire de Bernard Trépanier, ex-solliciteur d’Union Montréal.

On a donc décidé de suspendre le témoignage de M. Trépanier afin de permettre à André Morrow de donner sa version des faits. Il a formellement démenti la déclaration qu’avait faite Yves Cadotte, vice-président d’une division de SNC-Lavalin, le 14 mars dernier. M. Cadotte avait alors soutenu que la facture de 75 000$ avait permis d’acquitter des honoraires dus à Morrow Communications par Union Montréal pour la campagne électorale de 2005.

En fait, Yves Cadotte a été le seul à soutenir, devant la Commission, que Morrow Communications a présenté à SNC-Lavalin une facture destinée à Union Montréal. L’agent officiel d’Union Montréal, Marc Deschamps, a déclaré que toutes les factures de Morrow Communications avaient été acquittées. M. Morrow affirme que tous les services rendus à Union Montréal ont été facturés au parti. Et Bernard Trépanier a déclaré sous serment qu’il n’avait jamais demandé ou suggéré à M. Cadotte d’acquitter une facture de Morrow Communications. Il n’existe aucune trace d’une facture qui aurait été présentée à Union Montréal par la firme de M. Morrow et payée par SNC-Lavalin.

Cependant, la facture de 75 000$ adressée par Morrow Communications à SNC-Lavalin, en date du 15 novembre 2005, est bien réelle et M. Morrow en reconnaît l’existence. À la lecture de ce document, on constate toutefois qu’on n’y fait aucune allusion à Union Montréal ou à des services rendus dans le cadre de la campagne. Les services décrits sur le document n’ont aucun rapport avec Union Montréal et, selon M. Morrow, ils s’appliquent à un engagement («retainer») pour des services futurs qu’il devait rendre au cabinet de génie-conseil. Ce dernier a toutefois admis qu’il avait effectué très peu de travail pour SNC-Lavalin, en rapport avec cette facture, mais que celle-ci était conforme aux termes de l’entente entre les deux parties.

Me Claudine Roy et les autres commissaires ont longuement questionné M. Morrow sur les raisons qui l’avaient incité à accepter de présenter une facture pour des services futurs alors qu’elle décrit des services déjà rendus. Celui-ci a soutenu qu’il ne s’en était pas inquiété, étant donné la notoriété et la réputation de SNC-Lavalin et qu’il avait cru que c’était pour des motifs comptables qu’on lui avait demandé de faire cet ajustement. Il a affirmé qu’il n’avait jamais versé d’argent liquide à Union Montréal et il a assuré les commissaires qu’il n’aurait jamais participé à un stratagème de fausse facturation.

Il fut encore brièvement question de cette facture, à la reprise du témoignage de Bernard Trépanier. En réponse aux questions de Me Denis Gallant, M. Trépanier a affirmé que toutes les factures de Morrow Communications avaient été payées par le parti, sur l’approbation de l’agent officiel, Marc Deschamps.

Des dommages collatéraux

M. Morrow est le conjoint de Liza Frulla, une résidante de L’Île-des-Soeurs qui a représenté les citoyens de la circonscription de Jeanne-Le Ber, à la Chambre des communes, de 2002 à 2006 où elle a occupé la fonction de ministre du Patrimoine canadien. De 1989 à 1998, elle avait siégé à l’Assemblée nationale où elle fut ministre des Communications puis ministre des Affaires culturelles.

Les allégations faites à l’endroit de M. Morrow ont forcé Liza Frulla à renoncer à sa participation à l’émission Le Club des Ex, sur les ondes de RDI. Elle a expliqué qu’il lui aurait été difficile de continuer à commenter l’actualité politique alors que son propre conjoint était la cible de soupçons étalés sur la place publique. Au moment d’écrire ces lignes, on ignorait si le démenti formel du président de Morrow Communications permettra à Mme Frulla de réintégrer ses fonctions.

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