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Gérard Penarroya : un maniaque de cyclisme

Boisvert Philippe - TC Media
À première vue, on pourrait dire que Gérard Penarroya mène une vie tranquille. Sa paisible maison située dans le nord de l’arrondissement semble bien normale, tout comme son restaurant, qui est en processus de vente.

Petit et mince, Gérard Penarroya mord toutefois à pleines dents dans la vie et dans le cyclisme. Dans la cour de sa résidence, la voiture de l’équipe Specialized-Mazda-SGC, parsemée de logos de commanditaires, saute aux yeux.

Ayant grandi dans la région parisienne, Penarroya a rapidement enfourché la bicyclette. «Mon histoire n’a rien d’extraordinaire, acquiesce-t-il. Le vélo était simplement le seul moyen de transport des jeunes de la campagne.»

À 14 ans, le cyclisme devient une véritable passion et Gérard participe à ses premières courses. Si la piqûre semble avoir été automatique, les résultats n’ont pas été aussi bons qu’il l’aurait souhaité.

«Je n’avais pas de graine de champion, dit-il avec sourire. En fait, j’ai souvent fait des deuxième ou troisième places, mais je n’ai jamais rien gagné!»

Malgré tout, Gérard Penarroya poursuit avec le cyclisme. Habitant maintenant le Québec, il s’implique sérieusement dans le sport en 1998, alors qu’il devuebt le directeur sportif de la formation junior Seaco Canada.

Les résultats sont probants dès le début. Sous sa tutelle, des jeunes athlètes talentueux comme Martin Gilbert, François Parisien et Pierre-Olivier Boily se démarquent rapidement. Quinze ans plus tard, Martin Gilbert et François Parisien sont membres de l’équipe professionnelle SpiderTech et font partie de l’élite cycliste canadienne. Quant à Pierre-Olivier Boily, «un costaud», il a mené ses coéquipiers à plusieurs championnats des Mardis cyclistes de Lachine et vise dorénavant une médaille en paracyclisme aux Jeux Paralympiques. Boily et son coéquipier Stéphane Côté ont déjà occupé le premier rang du classement mondial.

Le saut chez les filles

Gérard Penarroya a donc vécu de grands moments du côté du cyclisme masculin. En 2005 cependant, Specialized Canada (fabricant de vélos) lui offrent de s’occuper d’une équipe élite féminine. Il accepte. Clara Hughes et Tara Whitten ont courseront sous ses ordres.

Sept ans plus tard, l’Ahuntsicois est toujours encore à la tête (coprésident) de cette formation, qui porte le nom de Specialized-Mazda-SGC.

La première course de la saison, le Tour of the Battenkill, était présentée le 15 avril dernier à Cambridge, dans l’état de New York,

À la surprise de tous, la nouvelle venue Alizée Brien, qui en était à sa première course chez les seniors, est montée sur la troisième marche du podium de cette épreuve de 100 km. Ses coéquipières Anne-Marie Morin (10e) et Virginie Gauthier (20e) étaient également du départ.

Quatre autres filles, et non les moindres, complètement l’équipe. Il s’agit de Karlee Gendron (Winnipeg), d’Allison Beveridge (Calgary), ainsi que des Montréalaises Nicole Vogler et Véronique Drapeau-Zgoralski. Elles seront d’office lors des prochaines courses importantes.

Retrouver un statut UCI

Gérard Penarroya est fier d’avoir vu l’une des siennes grimper sur le podium en levée de rideau. «Alizée nous a impressionné. On a pu voir qu’elle était toute une grimpeuse, parce que le parcours était très côteux. Ça nous donne un momentum intéressant pour débuter la saison», a-t-il admis.

Pour cette année et celles à venir, Penarroya s’est donné deux objectifs. Le premier est de redonner un titre UCI (Union cycliste internationale) à son équipe pour la saison 2013. Le retrait d’un commanditaire et le manque de financement a causé le tout, si bien que la formation Mazda-Specialized-SGC peut participer seulement sur invitation aux courses sanctionnées par l’UCI.

Les coureuses ont toutefois été invitées à prendre le départ de plusieurs épreuves importantes comme le Chrono de Gatineau, les courses de Philadelphie et Nature Valley, ainsi que les tours de la Bretagne et du Limousin, sur le vieux continent.

Son deuxième objectif? C’est d’amener l’une de ses protégées jusqu’aux Jeux olympiques de 2016.

Beaucoup de travail et de week-ends de course l’attendent donc d’ici-là. Entre-temps, l’Ahuntsicois de 57 ans profite aussi de ses moments de répit pour rouler quelque 8000 kilomètres par année.

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