La « sainte paix » reviendra-t-elle sur George V?
« Quand je suis arrivé en 2009 […], je n’en revenais pas. Il y avait sept ou dix camions de cinq, six, sept, huit essieux, un derrière l’autre devant chez moi! […] je me suis dit : mon dieu, qu’est-ce que j’ai fait! », se rappelle M. Faivre. Ce dernier avait d’ailleurs été interloqué de constater que les vitres de sa nouvelle demeure avaient été recouvertes de plastique collant par les anciens occupants. « J’ai compris, c’était pour empêcher les vitres de vibrer dans les châssis. »
Avec l’inauguration du boulevard Joseph-Versailles et le nouveau plan de camionnage, les résidents de George V croyaient que leurs problèmes étaient derrière eux. « J’ai été impression, la Ville a construit une voie de service spécialisée pour les camions. Dès que ç’a été construit, c’était incroyable. La sainte paix était revenue! », se souvient M. Faivre.
Les résidents de George V avaient gagné une bataille, mais pas la guerre puisqu’en mars les camions sont revenus. M. Faivre a alors décidé de prendre les choses en main et a contacté la Ville, mais les choses ne bougeaient pas assez vite à son gout. Il s’est mis à compter les camions et en mai, il s’est présenté au conseil de ville pour exposer sa situation. « Aujourd’hui, j’ai calculé presque 200 camions », a-t-il entamé.
« Être le maire, je serais rouge de colère. On a dépensé des millions et on nous rit dans la face. Ce n’est pas tolérable! », a tempêté le citoyen, demandant s’il pouvait assister au prochain comité de circulation en tant que « victime ».
« On est tous d’accord avec ce que vous dites. Mais la mise en application n’est pas facile à faire, avait alors répliqué le maire, Robert Coutu. Je me fais dire par le ministère du Transport que le plan de camionnage est en place et qu’il y a assez de pancartes. Nous autres, les élus, on dit que ce n’est pas assez parce que ça ne répond pas aux attentes des citoyens. »
Ce qui fut dit fut fait. M. Faivre a donc rencontré le responsable de la circulation à la Ville, puis assister au comité de circulations pour faire valoir ses pistes de solution.
Le plan d’action
Avec l’aide de M. Faivre et du comité, un plan d’action a été mis sur pied. La première action qui sera posée est de retirer la mention autorisant le camionnage pour livraison local. « Je suis sûr que la moitié des camionneurs ne le savent pas qu’ils n’ont pas le droit de passer parce que c’est marqué “invitation aux camions” sur les pancartes; “transit local”, c’est ça que ça veut dire […] Un gars que ça fait des heures qu’il roule, pour lui, c’est local », expose M. Faivre.
De plus, certains panneaux seront remplacés par de plus gros alors que d’autres seront installés pour signaler les interdictions de circuler. Simultanément, un message sera envoyé aux entreprises pour leur rappeler le plan de camionnage. Ces mesures devraient être complétées d’ici le mois d’août.
La quatrième phase du plan d’action sera beaucoup plus répressive puisque les policiers entreront en action pour remettre des contraventions. « Il n’y avait pas eu d’actions puisque ce n’était pas clair pour les camionneurs. À ce moment-là, ils n’auront plus de raison. Il faut quand même laisser la chance au coureur », croit M. Faivre.
« Si les camions étaient bloqués par la police le matin, il ne serait pas là le soir. Le mot se passerait entre eux dans les compagnies, dans les arrêts de camions, ça se saurait », ajoute-t-il.
Enfin, la dernière étape du plan pourrait même embellir l’avenue George V puisqu’il prévoit soit l’installation d’une piste cyclable ou d’espaces de stationnement des deux côtés de la chaussée, afin de rendre la route plus étroite et donc inaccessible aux camions. « On y avait pensé d’y mettre une piste cyclable parce que c’est une belle rue avec les arbres de chaque côté », avait d’ailleurs mentionné le maire lors du discours du citoyen au conseil.
De son côté, M. Faivre ressort satisfait de cette expérience, mais un peu moins satisfait des délais, bien qu’il les considère comme raisonnables pour une Ville. « C’est une découverte pour moi un conseil municipal à dimension humaine. Je suis impressionné par le fait que les gens sont capables de s’exprimer simplement ici », a-t-il conclu.
Les résidents de George V ne sont pas les seuls à endurer le bruit des camions. D’autres citoyens des avenues Marien et Broadway se plaignent occasionnellement du passage de ces mastodontes. Le plan d’action devrait aider à régler leur problème.
Lisez tous les détails du plan d’action au avenirdelest.com.