Revitalisation de Laurentien: on passe à l'action
On veut ainsi freiner les projets industriels ou commerciaux lourds, pour éviter que des investissements importants dans ces domaines d’activités compromettent la possibilité de changer la vocation de ce secteur.
Conseiller de Bordeaux-Cartierville, Harout Chitilian, évoque l’idée d’encourager la présence d’immeubles résidentiels où on pourrait retrouver des commerces au rez-de-chaussée.
«Ce changement de zonage va donner un incitatif pour les investissements privés, indique-t-il. Il y a une orientation des autorités publiques d’amener du résidentiel. On met les bases pour revitaliser le cadre bâti avec une orientation de densifier autour du pôle de transport en commun que représente la gare Bois-Franc, tout en maintenant une vocation commerciale, sans exclure le communautaire et le culturel.»
Pour favoriser la densification et encourager le redéveloppement de cet axe, il est proposé d’augmenter la hauteur minimale des bâtiments à 4 étages pour les terrains adjacents au boulevard Laurentien. Les édifices pourraient même avoir jusqu’à 6 étages près de la rue de Pontgravé.
Du concret sur le terrain
Les travaux d’aqueduc et d’égout sur le boulevard Laurentien entamés à la fin octobre seront terminés au printemps. Il est prévu par la suite de repaver ce boulevard entre les rues de Salaberry et Émile-Nelligan.
«Il n’y a pas d’autres investissements au rendez-vous après le pavage, mais je fais tout mon possible pour que des modifications au niveau du mobilier urbain suivent, ajoute M. Chitilian. On parle de l’installation de trottoirs, lampadaires et feux de circulation en bonne et due forme.»
Revitalisation urbaine
Le secteur Laurentien/Grenet est visé par une démarche de revitalisation urbaine intégrée depuis 2006. Cette approche vise à améliorer les conditions de vie de la population et le cadre bâti dans lequel elle évolue.
La démarche pilotée par le Conseil local des intervenants communautaires (CLIC) de Bordeaux-Cartierville a vu naître plusieurs initiatives pour créer une meilleure cohésion sociale. Après toutes ces années, les autorités municipales jettent les bases pour s’attaquer à l’aspect physique du territoire et le revitaliser en profondeur.
La coordonnatrice du CLIC, Nathalie Fortin, est à la fois contente et inquiète de ces récentes actions en faveur d’un changement pour le secteur Laurentien/Grenet.
«On est contents que l’arrondissement se penche sérieusement sur le secteur. Ça fait longtemps qu’on attend de voir des gestes proactifs, souligne-t-elle. Concernant le zonage vers le résidentiel, ça aussi c’est une bonne nouvelle. Si on veut accroître l’efficacité du transport collectif et avoir plus de services de proximité, il faut densifier, on n’y échappe pas. Par contre, notre gros bémol est que cette stratégie semble axée sur le fait d’attirer des promoteurs immobiliers et on est inquiets de la gentrification que ça pourrait amener dans ce secteur le plus pauvre de l’arrondissement.»
Le CLIC souhaite des mesures concrètes pour que la qualité de vie des résidents actuels soit augmentée également. Parmi les solutions proposées, on retrouve le fait d’attirer des promoteurs qui vont construire des logements locatifs privés et sociaux, en plus des condominiums.
Les citoyens pourront se prononcer sur le projet de changement de zonage lors d’une consultation publique le jeudi 24 novembre, à 19h, au 555, rue Chabanel Ouest, 6e étage.