Commission sur la violence sexuelle réclamée
Des députées du Parti libéral (PLQ), du Parti québécois (PQ) et de Québec solidaire (QS) étudient de façon «non-partisane» l’idée de créer une commission sur les agressions sexuelles, lancée jeudi par des groupes de femmes.
La co porte-parole de QS, Françoise David, affirme que les discussions vont bon train avec la ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, et la porte-parole de l’opposition officielle en la matière, Carole Poirier.
L’attachée de presse de Mme David, Stéphanie Guèvremont, affirme que cette première est «heureuse de la collaboration» entre les trois partis, et est «très touchée» de voir que ses homologues ont été sensibilisées par l’appel des groupes de femmes, mené par la Fédération des femmes du Québec (FFQ).
Mme Guèvremont ne pouvait pas donner de détails sur la «réponse concrète» qui sera donnée à la demande, qui a été faite à la suite des campagnes Twitter #AgressionNonDénoncée et #BeenRapedNeverReported, où des milliers de femmes ont fait part de leurs histoires.
«On assiste à une mobilisation historique, sans précédent dans l’histoire du Québec, et les élus doivent être en mode écoute.» – Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec
Selon Nathalie Duhamel du Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), la commission permettrait de soutenir le mouvement de dénonciation et et de sensibilisation aux agressions sexuelles suscité par les campagnes de réseaux sociaux.
«Notre inquiétude est que tout ça retombe dans l’oubli. Alors on se dit qu’une des meilleures façons pour que les histoires d’agressions sexuelles soient entendues de façon officielle serait une commission parlementaire», affirme-t-elle.
Mme Duhamel avance aussi que son organisme a vu une hausse importante des signalements depuis le début des campagnes sur les réseaux sociaux.
«L’idée de lancer une commission, c’est que ce ne doit pas être un débat sur des faits divers, mais un débat fondamental, une discussion de société pour se demander comment on peut prévenir et arrêter les agressions sexuelles et comment on peut mieux accueillir les victimes, lance Alexa Conradi, présidente de la FFQ. Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est que le système judiciaire échoue dans sa capacité répondre aux besoins des victimes, puisque 90 % d’entre elles ne portent pas plainte.»