Urbanisme: un sondage contesté à Mont-Royal
À couteaux tirés avec ses citoyens depuis plusieurs mois sur la question des maisons surdimensionnées et la destruction du patrimoine immobilier, le maire Philippe Roy est désormais la cible de nouvelles critiques, qui l’accusent d’avoir commandé un sondage qui «n’amenait pas les gens à donner leur opinion».
Les résultats du sondage en question, réalisé par la firme CROP pour le compte de la Ville, ont été rendus publics au cours des derniers jours par l’administration. Dans ce sondage, on apprend que 94% des 500 répondants sont satisfaits de l’apparence architecturale des quartiers résidentiels de la Ville. Là où le bas blesse, c’est qu’on y apprend que 47% des gens sont insastifaits des règlements municipaux portant sur la taille grandissante des maisons sur le territoire et que 43% des citoyens sont insatisfaits de ces mêmes règlement sur la protection du patrimoine et les constructions neuves dans la ville.
Questions mal choisies?
À ce sujet, le seul conseiller indépendant de Mont-Royal, Louis Dumont, dénonce que les questions proposées aux répondants ont été mal choisies. «Le sondage n’amenait pas les gens à donner leur opinion ou faire part de leurs recommandations, a-t-il martelé lors des plus récentes séances du conseil municipal. De savoir si les gens sont satisfaits ou non du patrimoine, c’est bien, mais c’est le pourquoi qu’on veut savoir.»
M. Dumont va même jusqu’à dire que le choix des questions semblait avoir été contrôlé par les élus du parti du maire. Le citoyen Michel Faure abonde dans le même sens que le conseiller Dumont, dans une lettre ouverte envoyée à L’Express. «Nul ne peut mettre en doute l’expertise de la firme CROP, admet-il. Cependant, son rôle consiste à administrer et analyser le sondage. On comprend que les questions posées sont formulées suivant les préoccupations des organisateurs. Ainsi, à la question: «Y a-t-il des maisons surdimensionnées dans votre rue?», on va obtenir une réponse négative majoritaire qui pourrait signifier que les maisons surdimensionnées ne posent pas de problème, et que par conséquent on peut continuer à en construire.»
Le maire se défend
Appelé à réagir à ces critiques, le maire a vivement défendu ces propos. «On a payé CROP pour effectuer le sondage et on les a laissé faire leur travail», a-t-il assuré. M. Roy souligne aussi qu’il n’y a pas de «crise du patrimoine» à Mont-Royal. «Nous sommes très satisfaits des chiffres annoncés de ce sondage, avance Philippe Roy (voir encadré). Ces résultats encourageants démontrent qu’il n’y a pas de «crise» de l’urbanisme dans notre ville contrairement à ce que voudrait faire croire un groupe de résidents.»
Le maire s’est dit heureux du déroulement du sondage. «Nous savons que les Monterois sont soucieux et satisfaits du travail effectué par les services municipaux quant à la protection du patrimoine bâti. Et plus spécifiquement en ce qui concerne les maisons surdimensionnées et les espaces verts. Il apparaît aussi que nos »filets de sécurité » que sont le CCU (Comité consultatif d’urbanisme) et le PIIA (Plan d’implantation et d’intégration architectural) semblent faire un travail adéquat.»
Règlements municipaux à revoir
À la vue des résultats du sondage, M.Roy estime qu’une révision des règlements municipaux en matière d’urbanisme sera nécessaire pour les améliorer. «Bien qu’ils exigent d’être explorés davantage, les résultats laissent déjà entendre plusieurs choses, analyse le maire. Bien que la question des maisons surdimensionnées ne perd rien de sa pertinence et continuera d’être examinée, il est révélateur de pouvoir enfin quantifier l’ampleur de cet enjeu. Il apparaît par ailleurs que le Comité consultatif d’urbanisme reste une ressource mal comprise et sous-utilisée, dont il faudrait élargir la notoriété», conclut-il.
Les résultats détaillés du sondage sont disponibles sur le site de la Ville sous l’onglet «Consultation sur le patrimoine».