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La créativité en renfort à la C2-Mtl

Montréal a bien des défauts. Les infrastructures tombent en ruine, la petite politique l’emporte sur la grande, le passé industriel ne fait plus rêver qu’au musée, bref, la métropole vit sur sa gloire de jadis.

Encore que les festivals y soient animés, que la scène artistique soit en effervescence, que les designers émer­gent avec des idées tou­jours plus étonnantes… Se pourrait-il que, derrière cet apparent déclin de l’économie traditionnelle, la ville soit en train de se renouveler avec un ingrédient miracle appelé «créativité»?

C’est en tout cas ce que pensent les gens de Sid Lee, cette agence qui multiplie les bons coups depuis quelques années (pub internationale pour Adidas, pour la Major League Soccer, pour Qatar Airways, etc.) et qui prépare une des conférences les plus importantes et les plus éclectiques que Montréal ait vues depuis longtemps : la C2-Mtl. C2, pour Commerce et Créativité, mais on pourrait aussi dire pour les deux Complices de cet événement, Sid Lee et le Cirque du Soleil… peut-être l’expression la plus spectaculaire de la créativité à la québécoise.

Le lieu lui-même où l’événement se tiendra, du 22 au 25 mai, fait office de symbole : la plupart des activités se dérouleront dans un bâtiment patrimonial encore menacé récemment, le New City Gas, magnifiquement réhabilité pour l’occasion. Au lieu de tomber sous le pic des démolisseurs, il renaîtra pour abriter cette grande messe de la créativité et devenir ensuite un haut lieu des événements majeurs… malgré l’emplacement apparemment moins inspirant, en contrebas de l’au-toroute Bonaventure, sur la
rue Ottawa, dans Griffintown.

Les conférenciers? Des personnalités archiconnues, comme Michael Eisner, l’ancien grand patron de Disney, le réalisateur Francis Ford Coppola ou Daniel Lamarre, du Cirque; puis d’autres qui se retrouvent au cœur de cette économie nouvelle, par exemple le président de la société AutoDesk, Carl Bass, le Chief Creative Officer de Dreamworks, Bill Damaschke, le chef de la direction finan­cière de Google, Patrick Pichette, ou Sakchin Bessette, le fondateur de Moment Factory, cette firme montréalaise qui roule depuis un moment, mais qui s’est imposée à nos yeux lors du dernier Super Bowl.

Sans compter l’esprit festif qui devrait régner pendant ces trois journées, avec quel­ques soirées qui s’annoncent plutôt éclatées (dont une sous l’égide du magazine américain Fast Company), le tout dans un environnement technologique à faire rêver. Mais qu’on ne s’y trompe pas : on va discuter sérieusement d’affaires tout au long de la conférence. Qui peut devenir partenaire de qui? Qui peut bénéficier de l’expérience de son voisin? Comment prendre d’assaut la planète avec des idées d’avant-garde qui peu­vent trouver preneur?

Le seul fait de se le demander montre que les artisans de la créativité, à Montréal, ne sont pas englués dans la tor­peur. Ils sont nombreux : quelque 6 000 personnes travaillent dans l’industrie du jeu vidéo, qui n’existait même pas il y a 15 ans, et on compterait 25 000 designers de toutes natures, de la mode aux lieux commerciaux, à œuvrer dans la métropole. 25 000! Et c’est sans compter  tous les autres qui font de l’expression leur métier.

Est-ce que ça rapporte, demanderont les sceptiques? Faut-il finir par monnayer son talent, diront les purs et durs? Oui et oui. Dans le premier cas, une ville a besoin d’un branding. Édimbourg, dans la lointaine Écosse, en a fait son pain et son beurre, comme Austin, perdue au fond du Texas. Par ailleurs, les génies méconnus meurent dans la misère, ce qu’on ne souhaite à personne. Si nos créateurs se font valoir, si Montréal en profite, on parlera peut-être moins des nids-de-poule et plus de notre originalité.
À la surface du globe.

Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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