Permis de construction : 1 M$ en moins depuis 2012 pour le Sud-Ouest
Alors qu’il mise sur ces recettes pour boucler son budget, l’arrondissement du Sud-Ouest enregistre depuis quelques années une baisse des revenus qu’il tire de l’émission de permis de construction et de permis pour l’occupation du domaine public. «C’est préoccupant», ne cache pas le maire Benoit Dorais.
«L’arrondissement a beaucoup bénéficié du boum immobilier», rappelle Sophie Thiébaut, conseillère de Projet Montréal. «Ça nous a bien aidés.»
En 2010, selon les statistiques de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le Sud-Ouest connaissait une année faste avec 670 unités mises en chantier. Mais on constate une diminution. Selon les données de la SCHL, 307 unités sont sorties de terre au cours des trois premiers trimestres de 2014.
Les revenus générés par l’émission de permis de construction suivent cette trajectoire. En 2012, l’arrondissement encaissait une somme de 3,1 M$. Les revenus passaient à 2,7 M$ en 2013 et à un peu plus de 2 M$ l’an dernier.
Même courbe pour les permis liés à l’occupation du domaine public. L’arrondissement percevait 2,5 M$ en 2012. L’année suivante, ça diminuait à 2,4 M$ et à 1,3 M$ en 2014.
Revenus les plus importants
«Ce sont nos sources de revenus les plus importantes», souligne Benoit Dorais.
En novembre dernier, lors de la présentation du budget de l’arrondissement, il pointait une tendance à la baisse en ce qui a trait à l’évolution des recettes.
Le maire exprimait alors des inquiétudes alors que la réforme du financement des arrondissements se traduira par une diminution de la dotation de 600 000$ par année.
C’est sans compter que l’argent perçu n’ira plus directement dans les coffres du Sud-Ouest. Cette réforme prévoit en effet la mutualisation des recettes. Cette année, la ville centre percevra les sommes pour les permis de construction et redistribuera l’argent entre les 19 arrondissements. L’an prochain, on fera de même avec les sommes reçues pour l’occupation du domaine public.
Pour Sophie Thiébaut, cette mutualisation «ne permettra plus de faire des revenus autant que par le passé».
Moins de chantiers
Autre élément de l’équation: un fléchissement du nombre de projets. «Il y a moins de mises en chantier dans le Sud-Ouest», signale Benoit Dorais. «On le voit, il y a vraiment un ralentissement.»
«En 2015, on prévoit moins de mises en chantier», anticipe-t-il, ajoutant que «des gros projets, il n’y en a pas à l’étude».
Le maire estime que des délais plus longs pour l’analyse des projets déposés par les développeurs pourraient représenter un frein. «Il y a une volonté des élus de revoir le développement immobilier», note M. Dorais. Les quatre conseillers de Projet Montréal sont majoritaires au conseil.
«On trouve plus pertinent d’être exigent dès le départ», explique Sophie Thiébaut. «On ne peut plus développer dans le Sud-Ouest comme on le faisait il y a douze ans.» Elle insiste sur la nécessité d’un solide travail d’étude en amont afin d’assurer une meilleure intégration des projets.
Elle n’est pas inquiète quant à l’intérêt des développeurs pour le Sud-Ouest. C’est près du centre-ville, il y a la présence du canal de Lachine et un bon réseau de transport collectif, rappelle notamment la conseillère. «Il me semble évident qu’il va continuer à y avoir de la demande.»
Autres revenus
Pour la présente année, l’arrondissement prévoit que les recettes lui permettront de boucler son budget. «Sur les revenus, on devrait être correct», indique Benoit Dorais. «On pense atteindre les cibles.»
Mais pour faire face à la décroissance de la dotation, «on va devoir trouver d’autres sources de revenus», prévient-il. «On a revu notre stratégie budgétaire. On regarde les sources de revenus.»