Soutenez

Alouettes: Chronique des temps durs

Photo: Denis Beaumont/Métro

J’ignore s’il s’agit d’une composante essentielle de leur ADN, mais les équipes professionnelles font souvent montre d’une assurance inouïe (lire arrogance) quand ils font affaire avec leurs clients. Quand ce n’est pas le Canadien qui charge 5$ pour vous «livrer» un billet électronique (que vous allez recevoir par courriel et que vous devrez imprimer chez vous avec votre encre sur votre papier…), v’là t-y pas les Alouettes qui débarquent avec une attitude de «big shot». Non, mais pour qui j’me prends?

Je suis un fier abonné depuis 1998, et mon offre de renouvellement pour la prochaine saison vient tout juste d’entrer. Modification au deal habituel: je suis dorénavant obligé d’acheter un billet pour un match éliminatoire hypothétique, ce qui ajoute une 11e partie à mon forfait.

Pourquoi en est-il ainsi? La raison est toute simple, mais l’organisation ne va jamais la donner: le 16 novembre 2014, la demi-finale de l’Est (contre les Lions de la Colombie-Britannique, une province située à l’est de l’océan Pacifique, j’imagine…) fut jouée devant les gradins à moitié vides du stade Percival-Molson. Pas tout le monde qui aime se les geler, voyez-vous… Pour que cette situation ne se reproduise plus, rien de plus simple: tu forces ta clientèle la plus fidèle à acheter le billet avec le reste de l’abonnement. Même si ton client veut rien savoir de l’affaire. La demi-foule de l’an passé me confirme que je ne suis pas le seul à penser ainsi.

Au bureau des Alouettes, on m’a répondu que, «si on ne fait pas les séries, on va vous créditer le trop payé sur votre facture la saison suivante». Ben quin… Pis l’année d’après tant qu’à y être? Et en attendant, les amis, l’argent que vos abonnés vous prêtent sans intérêt pendant un an (autour de 1M$ selon mes calculs), vous en faites quoi?

Pas sûr qu’il s’agit là d’une bonne manière de garder ses fans de longue date? J’avoue qu’après 18 ans de fréquentation, j’ai subitement envie de quitter le nid. Avec des amis comme ça…

•••

Des candidats qui se retirent à mi-parcours, des cadavres qui sortent des placards à pleine porte, des chefs transformés en vulgaires donneurs de jambettes… N’est-ce pas qu’elle est belle, la présente campagne fédérale? «Tout ce qui traîne se salit» qu’ils disent. Là, effectivement, ça traîne, pis c’est assez sale, merci…

•••

Ça va pas du tout pour nos artistes de la chanson.

L’Observatoire de la culture du Québec nous annonce une baisse de fréquentation de 23% aux spectacles de chanson franco en 2014 en comparaison de l’année précédente. Ça n’a rien d’accidentel, la tendance se maintient depuis quelques années. Les dollars-loisirs sont maintenant dépensés ailleurs. Autre signe des temps durs, encore plus inquiétant parce que c’est gratisse: la première de Stéréo pop (avec Pierre Lapointe et Claudine Prévost sur Radio-Canada) a attiré à peine 309 000 intéressés, et 278 000 la semaine suivante. Nettement en deçà des attentes du diffuseur qui lui avait pourtant accordé un renfort publicitaire majeur. Question : avez-vous perdu tout intérêt pour nos artistes? On dirait…

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.