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Les excréments des animaux du Biodôme seront exposés

Photo: Josie Desmarais

Le Biodôme a décidé de mettre en valeur les crottes des animaux qu’il héberge. Métro est allé en coulisses pour assister à une collecte préparatoire.

Cet été, les enfants auront de quoi se réjouir : les mots de toilette ne seront pas cantonnés aux toilettes. L’institution muséale montréalaise a en effet décidé de parsemer les écosystèmes de petites stations informatives et ludiques qui présenteront entre autres des crottes «séchées» de certains animaux emblématiques.

«Habituellement, chaque matin, les animaliers du Biodôme ramassent les excréments et les observent, car ils sont des indicateurs de la santé de l’animal», indique Sophie Vadnais, animalière à la Forêt tropicale. En cas d’anomalie, les vétérinaires du Biodôme pourront les analyser en laboratoire.

Si tout est normal, ça part aux vidanges, sauf dans les cas de mise en quarantaine de certains animaux fraîchement arrivés, où les excréments sont mis de côté par précaution sanitaire. En prévision de la future exposition, les employés du Biodôme prélèvent déjà certaines crottes pour les faire sécher. Elles seront ensuite présentées avec leurs particularités dans Histoires de crottes, une activité présentée au Biodôme à partir du 18 juin.

«J’ai moi-même été surpris par toutes les directions où le sujet pouvait nous mener», confie Raynald Fortier, animateur scientifique au Biodôme depuis 24 ans.

Attablé devant deux crottes de lynx fraîchement récupérées, il nous fait part de ses observations : «Dans la plus claire, on observe certains filaments, probablement des poils de rats qu’on offre aux lynx. Alors que la deuxième, plus foncée, doit correspondre à la pâtée de viande qu’on leur donne aussi», dit-il, en soulignant leur forme allongée avec une petite extrémité en pointe, typique de plusieurs carnivores.

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Dans la nature, les excréments et l’urine servent à communiquer. Le lynx donne des informations sur la délimitation de son territoire alors que les loutres qui partagent, entre elles, des latrines communes s’en servent pour échanger des informations avec leurs congénères.

Certains animaux, tels que le capybara, le castor ou le lièvre, vont plutôt manger leurs premiers excréments pour s’assurer de tirer le plus de nutriments possibles des végétaux engloutis grâce à une seconde digestion.

Pour parler des excréments des manchots, M. Fortier aimerait obtenir des images satellites qui illustrent comment les chercheurs peuvent, à distance, en analysant les traces de fientes laissées sur place, évaluer la taille d’une colonie et même la proportion d’adultes et de petits.

Lors de l’exposition, on verra aussi du guano de chauve-souris qui fait, paraît-il, un très bon fertilisant. «On retrouve certaines grottes aux États-Unis qui ont des accumulations de guano d’au moins 18 mètres d’épaisseur», précise l’animateur. L’été au Biodôme sera définitivement teinté de brun et de blanc!

Cette activité fait partie d’une plus large palette d’activités ayant pour thème l’Enfance qui seront présentées cet été avec différentes déclinaisons dans les différents musées d’Espace pour la vie. Par exemple, le Jardin botanique propose à partir du 20 juin, une aventure intitulée Héros de la forêt alors que le nouveau Planétarium présentera cet automne Mira la petite étoile, sa première production dédiée aux jeunes enfants.

Selon Wes Darou, un passionné de linguistique qui a épluché le Robert des synonymes et le Roget’s Thesaurus, la langue française compte 50% plus de synonymes du mot Excréments que n’en compte la langue anglaise.

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